04.08.2008
La chronique de PV (V) - Siné VS Val / BHL / Askolovitch
Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!
Je ne pouvais la rater celle-ci… Siné, un des derniers frondeurs français, anar et graphiste de grand talent, se fait virer par un histrion, un de ces intellectuels autoproclamés défenseurs de la liberté et de l’humanisme, sur fonds de Lumière voltairienne afin de donner un peu de contenu à ses maigres propos.
Rappel de ce qui s’est passé : une chronique de Siné sur Jean Sarkozy, une petite pique bien sentie et voici qu’une accusation d’antisémitisme est sortie du chapeau par Claude Askolovitch, suivi par Philippe Val qui, depuis pas mal de temps faisait sentir que Siné était un des meubles hérités de l’ancien Charlie (le vrai) dont il eût aimé se débarrasser. Le pompon fut décroché par BHL avec sa tribune dans le Monde… On le croyait tous en vacances et voilà qu’il joue au Jack in the box dans le grand quotidien national du soir ! La Licra a bien sur condamné les propos de Siné quand d’autres personnalités d’origine juive se sont solidarisées, comme Michel Polac.
Qu’y a-t-il dans le texte de Siné ?
"Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !"
Il faut être sacrément tordu pour voir de l’antisémitisme là-dedans ! Il faut être sacrément incapable de saisir le sens d’un texte, aussi court soit-il, pour ne pas comprendre que "juif" n’est précisé qu’en référence à l’attitude de conversion opportuniste qu’il s’agit de dénoncer (conversion manifestement fictive mais ce n’est pas le problème). Eut-il fallu écrire : il vient de déclarer vouloir se convertir à une religion dont il convient de ne pas dire le nom avant d'épouser sa fiancée, de même confession que celle allusionnée ci-dessus ?
En outre, le Jean Sarkozy en question, dont le comportement est critiqué, n’est précisément pas juif, puisqu’il est question de sa possible conversion…
C’est cela que les Val, BHL, Askolovitch et autres militants de la Licra veulent pour notre bien à tous ? Un monde vide et doté d’une codification parfaite et totale des actes, dits et pensées ? Le règne du "tout correct", non plus seulement le politiquement mais le penser correct, l’agir correct et, ici même, l’humour correct.
Cerise sur le gâteau : une polémique violente opposait Siné à Val à propos de l’affaire Clearstream et de l’action de Denis Robert… Siné défendait le travail d’investigation du journaliste, Val le travail de pression de l’entreprise Clearstream… dont l’avocat est par ailleurs celui de Charlie Hebdo ! On croit rêver ? Et non… l’ignominie va se nicher jusque dans les recoins les plus improbables.
Vive donc Alain Gérard Slama, un intellectuel de droite qui vaut mieux qu’un Philippe Val qui, pour paraphraser et détourner Alain Badiou, n’ose pas dire son nom.
17:40 Publié dans La chronique de PV le pois chiche | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, société, démocratie
26.07.2008
La chronique de PV (IV) - Le crépuscule des lieux
Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!
Petit retour orienté sur notre histoire, envisagée de manière large, absolument subjective et partiale.
Le petit groupe humain primitif : perdu dans sa caverne, il communique par signes et vagues sons, protolangage archaïque de proximité.
Les premières sociétés : le langage se développe, l’écriture apparaît et, miracle, le sens se transporte d’un lieu à l’autre, moyennant temps et énergie.
Les civilisations : la découverte du monde, les terres se dévoilent au fil des explorations, les missives traversent des territoires de plus en plus étendus, les distances dominées sont de moins en moins le signe de la finitude de l’Homme.
L’époque contemporaine : après le télégraphe, voici que sont propulsés le téléphone, la radiodiffusion, la télédiffusion, et bien sûr l’internet avec son cortège d’illusions ubiquites.
Au cours même de cette dernière époque, les évolutions sont particulièrement marquées car rapides et définitives : des premiers ordinateurs aux PC pour les particuliers, des premiers balbutiements de la communication par mél aux réseaux sociaux, les modalités d’échange et de diffusion ont été totalement bouleversées.
Difficile ici de ne pas songer à la trop (?) fameuse thèse de Deleuze et Guattari : le processus de déterritorialisation en œuvre tout au long de notre histoire. En effet, plus nous avançons et moins semblent compter les distances, les territoires et les cultures. Si l’on prend par exemple l’économie, il est évident que le mot d’ordre actuel (celui de la sacrosainte globalisation) vise à abolir l’obstacle que constitue l’espace et ses contraintes pour se développer dans un monde sans barrière, abstrait et formel, celui du libre échangisme commercial généralisé.
Autre exemple, celui de l’information : l’événement à Tokyo remplace le battement du papillon et se trouve relayé à Los Angeles et crée le désordre à l’autre bout du monde.
Un fait récent qui a le mérite de joindre les deux précédents exemples est l’annonce, il y a quelques années, par la direction de Michelin, de centaines de licenciements : alors que les investisseurs s’inquiétaient de la valeur de leurs actions, la simple évocation des licenciements en France a rassuré les fonds de pension aux USA et a fait remonter la valeur boursière de l’entreprise… entrainant (qui s’en soucie ?) la perte de milliers d’emplois en France.
L’avènement des réseaux sociaux, des blogs, des technologies 2.0, abolit les dernières distances qui nous font exister encore en un monde qui repose sur un sol, sous un ciel et dans une histoire (je prends volontairement la pose d’un heideggérien vaguement pétri par les thèses d’O. Spengler et d’E. Jünger, un joli trio à faire se pâmer les cons – ceux qui ont lu, du moins). A mesure que vont les choses, les lieux semblent ne plus compter. Le fameux "adolescent mondial" pointé du doigt par Naomi Klein dans son précédent ouvrage (No Logo : y en a-t-il encore qui n’ont pas lu cela ?) est à présent dépassé et laisse la place à l’individu absolu, rêvé par les théoricien de l’absolu libéralisme, l’être abstrait, rationnalisé à défaut d’être rationnel et programmé par les lois et règlements que lui concocte une classe politique aux ordres de maîtres-chiens avides de grasses richesses et de lourdes chaines à passer au col de leur "bétail humain".
Le seul obstacle – et notre espoir – est que cet être fantasmé ne correspond – encore – en rien à l’individu qui persiste à cheminer sur Terre… d’où les émeutes de la faim en Afrique, les désordres politiques et insurrectionnels en Amérique latine, la révolte latente des différents quarts-mondes disséminés par chez nous… le pauvre de chair, de sang et de sol a le défaut d’éprouver la faim depuis sa pauvreté même. Et l’on n’a pas faim en Afrique comme à Davos, ni dans les mines d’Atacama comme à Wolfeboro.
On se trouve donc, à ce que je comprends de cette situation, scindé entre deux mondes : l’un, idéal et parfait, l’autre, brouillon et trop humain. L’un où le lieu cesse d’exister, l’autre où le territoire signifie encore quelque chose. L’un où l’individu est programmé pour produire ce qu’on lui demande (voir les dernières trouvailles du gouvernement hollandais, pays charmant où aucun chômeur ne pourrait plus refuser aucune offre d’emploi, quelle qu’elle soit), l’autre ou l’individu, corps et esprit mêlé, se paye encore le luxe de la liberté. L’un, où tous s’équivalent dans le pur calcul du profit, l’autre où celui qui vient d’ici peut encore rencontrer celui qui vient de là-bas et s’éprouver dans la différence qui les caractérisent et la similitude qui les humanise.
La question est de savoir comment vont, à l’avenir, coexister ces deux fragments d’humanité : l’idéale, qui sait évoluer dans l’hyperespace économique et virtuel, l’autre, réactionnaire archaïque et régressive, qui laisse encore résonner sur le sol les quelques pas qui séparent sa voiture de la maison quand il rentre le soir.
Qui donc des frères humains ou du caniche cystique urinant sa logorrhée le long des caniveaux numériques, sortira indemne ?
16:20 Publié dans La chronique de PV le pois chiche | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, actualité, démocratie
05.06.2008
La chronique de PV (III) - Histoires vraies ?
Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!
Une fois n’est pas coutume, c’est la chronique de ce cher Alain-Gérard Slama (qui est en train de devenir mon chroniqueur de droite préféré) datée du mercredi 28 mai sur France Culture, ainsi que les échanges qu’il a eus avec Naomi Klein, qui m’a interpellé.
La chronique du sieur Slama, à 7h55, était comme on pouvait s’y attendre, polémique et militante : le libéralisme est un excellent système, lançait-il, et pointer les excès, les tragédies humaines qu’il fait peser sur la planète est un acte idéologique condamnable qui se range du côté de la théorie du complot. Le tort supposé de Naomi Klein est de montrer que les financiers, les banques, les neocons’ aux USA, font feu de tout bois et n’hésitent pas à profiter de grandes catastrophes (tsunami, cyclones etc…) pour reconstruire un monde à l’image de leur idéal : privatisation des écoles à la Nouvelle Orléans, ultralibéralisation de l’économie en Indonésie etc., sur fond de tabula rasa assumée par eux dans leurs propres discours.
Parallèlement à cela, dans un tout autre domaine, qu’observe-t-on ? En politique comme en management, c’est l’art du Storytelling (brillamment commenté ici par Jojo) qui semble s’imposer. A mon niveau, je le constate chaque jour : que nous demande-t-on, sinon de savoir raconter des histoires vraisemblables, des fables qui laissent croire que tout est pour le mieux ? Peu importe que le contenu soit absent, qu’il n’y ait aucune réalité derrière les belles phrases et les jolies images : ce qui compte est bien l’effet de la fable sur l’auditeur… celui-ci peut être un électeur, un actionnaire, un employé, un téléspectateur ou un simple citoyen…
C’est bien ce que met en évidence le Guide pratique pour réussir sa carrière en entreprise (Avec tout le mépris et la cruauté que cette tâche requiert) d’Antoine Darima : savoir raconter n’importe quoi pour valoriser son "non travail" et sa "non production" dans le but de progresser, de monter les échelons et de devenir cadre toujours plus supérieur pour continuer à brasser de plus en plus de vent et monter encore.
Finalement, ce système est assez semblable aux montgolfières : beaucoup d’air, de la chaleur et hop !
Décliné sur le mode du management, cet art de fabuler autour du vide a un effet étonnant que j’ai pu mesurer dans mon propre contexte d’exercice professionnel : à mesure que le vide prend de la place (ce qui est un phénomène paradoxal mais non moins réel dans les structures, tant privées que publiques pourvu qu’elles soient assez grandes), la fable s’enfle (s’infatue disait-on) et les responsabilités se diffusent, se disséminent même… en d’autres termes, plus le cadre est supérieur, plus le dirigeant a du pouvoir, moins il est responsable et plus il responsabilise les autres à lui subordonnés et leur fait entrer cela dans le crâne à coup d’historiettes amusantes sur le monde du : "notre destin est entre vos mains… moi je ne peux rien pour vous !". En bref, moins il y a de contenu, plus on fabule et moins on assume ses responsabilités, plus on formalise.
Historiquement, la figure d’Amerigo Vespucci est éclairante quant à notre modernité : falsificateur, fabuliste, il a réussi à faire nommer l’Amérique à son nom car ses récits furent plus persuasifs et efficaces que ceux du pauvre Colomb, qui n’a hérité que de la Colombie…
Revenons à notre cher A.-G. Slama : lors de l’échange qu’il a eu avec Naomi Klein, celle-ci est revenue à la charge plusieurs fois, exemples et documents à l’appui, pour montrer les horreurs du libéralisme à travers le monde et, surtout, pour les pays et les populations les plus pauvres. Une incise d’A.-G. Slama m’a saisi : on ne parle pas des même libéraux ni du même libéralisme, disait-il… et j’ai compris ce qui finalement reste plaisant chez Slama en même temps que déroutant chez un esprit aussi éclairé : il se réfère constamment à une fiction ! Lui qui vilipende les marxistes au prétexte que l’application de ce système fut une dictature terrible ne s’applique pas la même exigence tandis que la seule application du libéralisme que nous connaissons contribue à appauvrir les populations exploitées, à détruire les ressources naturelles et la nature, à transformer les individus en consommateurs dociles… bien loin de l’idéal voltairien, pourtant invoqué sans cesse par Slama. Etonnant, non ?
A.-G. Slama contre les "storytellers" ? Le vide contre le plein ? La forme contre le fond ?…
Il est triste que ceux qui souhaitent faire progresser l’Homme se racontent à eux-mêmes des histoires pendant que ceux qui veulent les asservir leur racontent d’autres histoires, qui les enchaînent avec une redoutable efficacité…
Missa dicta est.
20:42 Publié dans La chronique de PV le pois chiche | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, société, médias
23.04.2008
La chronique de PV (II) - Tout feu tout flamme...
Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!
Les J.O., la Chine, le Tibet, la flamme et les droits de l’Homme ! Mélangez le tout pour composer un cocktail des plus savoureux du moment que Guy DEBORD eût aimé, j’en suis sûr !
Reprenons, sans hasard aucun, quelques éléments intéressants :
1. Les J.O sont (re)créés en 1896.
2. La devise des J.O. (Citius, Altius, Fortius) est empruntée par Pierre de COUBERTIN à son ami Henri DIDON, prêtre dominicain.
3. Le rituel du relais de la flamme olympique est créé sous les bons auspices de Jospeh GOEBBELS à l’occasion des J.O. de 1936 à Berlin, sur une idée de Carl DIEM (officier allemand, qui avait eu l’idée dès avant 1914-18).
4. L’armée de libération chinoise entre au Tibet en 1950.
5. Le CIO décide que la Chine sera organisateur des J.O. 2008 : la procédure de sélection débute en 2002 mais les candidatures sont reçues dès 2000. La Chine est donc candidate et cette candidature est déclarée valide par le CIO.
6. Pierre de COUBERTIN apparaît dans de nombreuses biographies comme ouvertement raciste et misogyne, lecteur des œuvres de GALTON (inégalité des races) ou de GOBINEAU (faut-il rappeler son essai sur l’inégalité des races ?)… Il ne se contente pas de lire mais dit lui-même : "À la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance" et écrit : "Il y a deux races distinctes : celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! C’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts." (Education anglaise).
Je me contente de poser quelques questions :
- quel est le mobile qui pousse à reconduire d’année en année un rituel aussi fortement inspiré de l’esthétique et de la pensée nazies, tel ce relais de la flamme ?
- plus encore, que penser de ces images où des forces policières françaises défendent matraques à la main un tel symbole porté au travers de la capitale française en l’honneur d’un régime totalitaire, inique et criminel ?
- pourquoi l’organisation de ces jeux 2008, confiée à la Chine il y a déjà plusieurs années, n’a-t-elle pas été dénoncée plus tôt ?
- que penser de notre président, lorsqu’il dit le 13 novembre 2007 : "Dans la Démocratie européenne, j’ajoute que tous ceux qui ont fait l’expérience de renoncer à la défense des Droits de l’Homme au bénéfice de contrats, n’ont pas eu les contrats, et ont perdu sur le terrain des valeurs" et qu’il nie cette belle pensée moins d’un an après en laissant traiter de la sorte les manifestants défenseurs du Tibet ?
Précision : les éventuelles condamnations du régime chinois ne doivent pas non plus aveugler les consciences. Le Tibet n’était pas un Paradis sur Terre et les mariages forcés et autres joyeusetés commises contre les femmes restent éminemment condamnables. De même, les actions de Reporters sans Frontières ne doivent pas faire oublier les campagnes menées lors du coup d’Etat au Venezuela en 2002, véritables propagandes pro américaines et anti-CHAVEZ, au mépris même de la réalité des faits à l’époque, notamment à propos de la liberté de la presse.
Sur ce, vos réactions et précisions sont attendues avec impatience.
18:42 Publié dans La chronique de PV le pois chiche | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, chine, démocratie, jo
02.03.2008
La chronique de PV (I) - ONU ou oublions nos utopies !
Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!
Pourquoi la dérive onusienne actuelle est particulièrement préoccupante ?
1. Rappel des faits : la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU (CDH) prépare le forum Durban2 de 2009 qui aura lieu en Afrique du Sud. Le projet consiste entre autres choses à rédiger une déclaration des droits de l’Homme renouvelée… avec l’autorité que l’ONU peut encore conférer à une telle initiative.
2. Rappel historique : en 2001, dans la même ville de Durban, une conférence mondiale contre le racisme avait été organisée par l’ONU… on avait pu y entendre des "morts à l’Amérique" ou encore "mort à Israël"… Cela n’a pas manqué de gêner quelque peu le secrétariat général de l’ONU qui a remplacé la Commission des Droits de l’Homme manifestement déficiente par le Conseil des Droits de l’Homme, en juin 2006. C’est ce Conseil qui organise à présent le forum dit de Durban2…
3. Le problème : avec des pays membres comme le Pakistan, l’Iran (qui a appelé à la destruction d’Israël), Cuba, le Venezuela ou encore la Chine, il est facile d’imaginer l’ambiance de travail pendant la rédaction de la future déclaration des droits de l’Homme ! De fait, on trouve des propositions intéressantes : critiquer le port de la burqa est une agression raciste, la laïcité est ancrée dans la culture esclavagiste et colonialiste de l’Occident, la loi française contre le port du voile à l’école est une expression du racisme antimusulman dans sa version islamophobe occidentale, la critique de la religion est l’expression du racisme etc. etc.
Plus fort encore, le discours de l’ambassadeur d’Algérie qui, devant le CDH en Egypte, le 18 février dernier expliquait que la "haine raciale et religieuse s’abrite aujourd’hui derrière la liberté d’expression" et que "l’islamophobie" est un phénomène semblable aux sombres pages de l’antisémitisme du siècle dernier. Présente, la diplomatie française est restée muette… sans doute par politesse ou délicatesse, nous dirait Tariq Ramadan. Plus étonnant encore, lors de Durban1, en 2001, l’ONU a laissé Israël être exclu des conférence de son groupe d’états tandis que les ONG juives ont été tout simplement privées de liberté d’expression… ce qui a permis tous les débordements, comme le rapporte Irwin Cotler, ancien ministre canadien de la Justice et présent à Durban en 2001 : "une conférence censément organisée pour contrer le racisme a été transformée en festival du racisme contre Israël et les Juifs". Quelques années plus tard, ce ne sont plus les juifs qui sont pris pour cible mais la liberté d’expression, la laïcité et la liberté de conscience. Le Canada a déjà fait savoir qu’il refusait de participer au Forum de Durban2, afin de ne pas se prêter à cela.
Sans revenir sur les principes de la laïcité et de la liberté de conscience, sur les dangers de l’antisémitisme et la nature totalitaire des principaux manipulateurs de l’islamisme au niveau international, il est inquiétant que l’ONU s’engage sur une voie telle que la prochaine déclaration des droits de l’Homme pourrait remettre en question les principes fondateurs de la Déclaration originelle de 1789 : "Art. 10. - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi. Art. 11. - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi."
Que penser de ce que fera la France – dès lors qu’elle présidera l’Europe au 2nd semestre 2008 ?
Que penser d’un pays qui a mis à sa tête un homme capable, en 6 mois, de créer plusieurs "affaires", "scandales" et "débats" sur ses propres manquements au principe de laïcité et à la loi de séparation des églises et de l’Etat ?
Sans vouloir être exagérément pessimiste, je ne peux m’empêcher de voir là l’annonce d’une dérive faite de repentance et de mauvaise conscience, toutes deux mises à profit pour être les outils d’une dangereuse atteinte à notre modèle, certes largement imparfait et à modifier radicalement mais qui nous permet de vivre à l’abri (pour combien de temps : pensons à Ayaan Hirsi Magan, Robert Redeker, Theo Van Gogh, Salman Rushdie…) des totalitarismes religieux (mais qui ne nous protège pas encore des totalitarismes économiques et consuméristes).
Que la Tolérance et la Vigilance guident nos pas…
A lire :
L'ONU contre les droits de l'homme, LE MONDE du 27.02.08
http://malkamarcovich.canalblog.com/archives/durban_2/ind...
http://www.crif.org/index.php?page=dossier/detail_doss_ty...
http://www.pointdebasculecanada.ca/spip.php?article290
20:35 Publié dans La chronique de PV le pois chiche | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique



























