12.06.2009

La chronique de PV (XI)

pois chiche.jpgDepuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!

Cette chronique est dédiée a un auteur français dont l'image est celle d'un auteur d'extrême droite, antisémite, que l'excellent Gérard Miller, psychanalyste de divan télévisé, a su descendre en direct lors d'une émission du non moins excellent Laurent Ruquier.

L'affaire est entendue et un admirateur de la pensée juive comme je le suis ne saurait suivre d'autre chemin que celui tracé par le contempteur ci avant désigné... et pourtant...
Pourtant, Marc Edouard Nabe me semble mériter un peu plus de considération, d'écoute... il me semble être un révélateur de ce que notre temps est, au fond, une vaste farce que tout le monde dénonce, Debord en tête, mais que Nabe a su faire ressortir avec plus d'efficacité : moins de théorie et plus de pratique, en somme.

Nabe est celui qui a donné une théorie du porno comme je n'en ai pas entendue de plus brillante et concise depuis : "la véritable pornographie, c'est de toute dire", annonçait-il à Frédéric Taddei dans son émission du soir sur le câble à propos de son "Journal"...  Voici posé en quelques mots ce qu'est notre époque, une pornographie généralisée : tout comme Foucault avait perçu la dimension carcérale échappée des prisons, écoles, cloîtres et hôpitaux pour irriguer la société tout entière et l'esprit de ses sujets, le porno déborde son cadre pour investir la scène médiatique, la seule qui demeure à partir des années 70 et de la fameuse prédiction de Warhol, "everyone will be world-famous for 15 minutes"...
Les deux vont d'ailleurs bien ensemble : prison et pornographie caractérisent plutôt bien notre "siècle", au sens ancien du terme tandis que la prison est un lieu où les plus virils de nos caïds se laissent aller à leurs penchants homosexuels voire pédérastiques... un petit "penthouse" du fantasme porno, en quelque sorte !

La justesse des propos de Nabe est visible sur cette petite vidéo.
Le morceau est notable, remarquable... Nabe précise : "Le Pen est votre idole", "l'être que vous aimez le plus sur cette terre : Jean-Marie Le Pen"... Vous reconnaîtrez à l'image un certain Dieudonné... Son enfant est le filleul de Le Pen... Faurisson est devenu son nouvel ami, les transfuges du FN ses colistiers. Quelques années plus tard, sur cette vidéo de propagande, on le voit inventer le lepénisme islamo compatible :

Vous y entendrez, à propos des "sionistes", nouveau masque des "juifs" dans la terminologie antisémite : "ce sont des rats" (oui, oui, des "rats" est-il dit par Dieudonné lui-même), "médias français on va vous libérer", "on va aller jusqu'au bout inch Allah".
Tout cela a un sale goût de NSDAP façon années trente...

Je ne sais pas si Dieudonné entrevoyait son avenir en écoutant Nabe interpeller les "anti lepénistes" mais, pensif et silencieux, il me donne le sentiment de se prévoir sur ce marché parisien, en 2009, marchant aux côtés de négationnistes, d'islamistes et d'antisémites, volant à Le Pen son fonds de commerce en l'adaptant aux réalités de  l'époque : l'arabe est en vogue dans les cités et les médias, la Palestine fait vendre et assure une place au royaume des "gentils" tandis que les juifs redeviennent le peuple à haïr, tous riches et solidaires dans le crime comme le grand penseur Youssouf Fofana l'a professé...

Prenant un visage haïssable, celui des antisémites d'avant guerre, les Rebatet, Céline et autres Brasillach, Nabe parvient par cela à révéler ce qu'ont de haïssables les bonnes conscience du jour, Gérard Miller compris... lorsqu'elles apparaissent, à nu, au milieu de leurs propres décombres !

25.02.2009

La chronique de PV (X) - Liyannaj Kont Pwofitasyon

pois chiche.jpg Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!


Revenu de trois semaines en Guadeloupe, chez des amis activistes (mon hôte est le No 2 d’un syndicat national, membre du "Liyannaj"), je ne peux manquer de livrer là quelques réflexions et informations.

A l’origine de la mobilisation, une volonté de lutter contre les prix pratiqués en Guadeloupe par quelques indélicats en situation de monopole et une colère suscitée par la déconsidération dont les antillais se sentent victimes, vis-à-vis de la métropole et du gouvernement.

Préparé un peu à l’avance, le mouvement se développe en janvier et paralyse peu à peu l’archipel guadeloupéen : fermetures des stations services, durcissement du mouvement dans l’éducation et l’hôtellerie, manifestations très importantes organisées…

En regard, les négociations se sont déroulées d’une manière très intéressante : l’exigence de transparence formulée par le LKP m’a permis de suivre en direct les débats… en effet, l’évènement était historique : imaginez patrons et Préfet obligés de négocier avec un tel collectif, devant les caméras de TV Guadeloupe et Canal 10… Il s’est joué là quelque chose de très fort.

Les revendications du LKP sont nombreuses (voir ici) et toutes ne sont pas des plus pertinentes : si les augmentations de salaire demandées, le souhait de contrôle des pratiques commerciales sont tout à fait justifiées, l’exigence d’un institut culturel Papa Yaya est moins évidente, tout comme la demande de priorité d’embauche aux guadeloupéens sans qu’il soit question de compétences équivalentes… Et pourquoi pas la France aux français ? Ce type de chose ne souffre pas l’implicite !

Cependant, le cœur économique et social des revendications est à mon sens très fondé et les centrales syndicales nationales et européennes feraient bien de prendre modèle sur la capacité de mobilisation de nos compatriotes de Guadeloupe !

Face à ces messages, clairs et radicalement exprimés, qu’ont été les réactions des interlocuteurs ? Un préfet qui quitte la table des négociations, un ministre qui reste silencieux une dizaine de jour, un Président qui ne se fend pas même d’un communiqué alors qu’il fut toujours prompt à se rendre "sur le terrain" à la moindre broutille, des patrons qui déclarent, malgré leurs bénéfices, ne rien pouvoir faire… Il était inévitable que le mouvement se durcisse – il s’est donc durci !

On sait ce qui est advenu par la suite : des moblots, des barrages, des heurts, un mort.

On sait aussi ce qui remonte dans les discours : le racisme, l’esclavage, l’exclusion, le colonialisme… Je ne ferai pas de grand discours lyrique sur ces questions.
Il est au cœur du LKP une mouvance raciste, qui tient le blanc pour un "pwofitan" de nature, pour un esclavagiste de fait, pour un colonialiste dans l’âme – mouvance qui roule pour des groupuscules indépendantistes qui, eux aussi, se font les "pwofitans" d’un mouvement pourtant d’une toute autre nature. Rappelons que ces indépendantistes touchent une très faible part de la population : 6% à peu près… beaucoup moins que le Front National chez nous !
Il ne faut pas focaliser là-dessus : ce discours existe mais il n’est pas représentatif. J’ai vu des blancs parmi les personnes mobilisées et j’ai vu des noirs parmi les patrons… Et on n’oubliera pas non plus que les guadeloupéens sont métissés, comptent des blancs parmi leurs ascendants… que la vie commune n’est pas un problème pour l’immense majorité des habitants de ce département dont on oublie (en métropole mais pas là-bas) qu’il fut français avant d’autres (la Savoie).

Quelles perspectives, à présent ? Le LKP n’a pas d’autre choix que d’obtenir ce qu’il réclame, sous peine d’imploser, de voir revenir ses membres aux querelles qui les opposaient, de libérer une violence qui risquerait d’être incontrôlable (sur le mode : "on n’obtient rien par la négociation") et de décrédibiliser les grands syndicats et les politiques locaux.
Le MEDEF va essayer de soutirer à l’Etat le maximum d’argent pour ne pas avoir à participer à l’effort de réajustement.
Quant au gouvernement, difficile de voir ce qu’il va faire : dans le meilleur des cas, taper du poing sur la table et obliger les entreprises à jouer le jeu, dans le pire des cas, laisser lentement la pression diminuer et retourner à son oubli des Antilles…

Espérons que :
- les monopoles disparaissent et que la population puisse accéder aux biens de consommation sans devoir se ruiner pour manger normalement ;
- les pratiques de la SARA changent pour que les guadeloupéens cessent de se faire voler quant aux prix des carburants ;
- que les entreprises cessent de faire venir du personnel de métropole ou d’ailleurs et embauchent "local" quand cela est possible : une pratique amusante des groupes hôteliers est par exemple d’exiger un anglais parlé/écrit courant pour les femmes de ménages… et de faire venir leurs propres recrues plutôt que de donner du travail à la population non qualifiée :
- la marijuana soit un jour légalisée… ;-)) je plaisante, je plaisante… !
- l’on entende encore longtemps les "kas" retentir !

Pour finir, mes impressions sur place, pendant trois semaines de grève : nous avons eu la chance d’être reçu chez des amis… et d’éviter la situation de touristes coincés dans leurs hôtels, sans voiture ni possibilité de manger facilement… nous avons pu aller à la plage, en manif, faire des courses et même aller plusieurs fois au restaurant, le tout en rencontrant des personnes mobilisées sur place, membres du "Likannaj" (certaines à haut niveau) et ainsi, nous avons pu faire un voyage agréable, intelligent et militant… le rêve, non ?

La gwadloup sé tan nou, la gwadloup a pa ta yo
yo péké fè sa yo vlé a dan péyi an nou

19.01.2009

La chronique de PV (IX) - Indiana Jones

pois chiche.jpg Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!

J’ai vu récemment Indiana Jones IV… avec les crânes de cristal. Merci, donc, au Père Noël, et à ceux qui prêtent leurs cadeaux !!
Je précise tout de suite qu’il y a de gros spoilers dans ce texte : je dévoile les mystères et la fin du film… mais même ceux qui ne l’ont pas vu peuvent lire ce qui suit… je ne crois pas que ce soit un grand drame de savoir tout cela avant de le voir.
Le film n’est pas très intéressant en soi : un peu mou, sans humour, une histoire cousue de fil blanc : bref, tout ce qui faisait la magie (inégale par ailleurs) des trois premiers a malheureusement disparu dans ce dernier opus. On peut le voir par curiosité, mais il ne faut pas attendre un grand film qui renouvelle le genre (si Indiana Jones constitue un genre en soi).
Une chose m’a intrigué cependant : à la fin, lorsque la méchante russe jouée par Cate Blanchet (lamentablement sous utilisée) meurt dévorée par les flammes intérieures et pulvérisée par la puissance extra-terrestre libérée par la réintégration du crâne de cristal parmi ses pareils. Elle meurt après avoir dit à plusieurs reprises : "I want to know" ("je veux savoir"). Instantanément, j’y ai vu une reprise de la morale biblique : la punition des deux premiers humains après qu’ils ont consommé, par la faute d’Eve, le fruit de l’arbre de la connaissance…

Cette réflexion m’a amené à reprendre les précédents épisodes de la série. Que voit-on ?
1er film : Indiana trouve l’Arche d’alliance et la puissance de Dieu se révèle et s’exerce sur les nazis, par un déluge de feu (déjà) qui fait fondre les méchants.
Je passe sur le 2e épisode : un film d’aventures au pays des païens qui révèle un visage noir du polythéisme hindou avec les adorateurs de Kali.
3e épisode : on repart sur une bonne voie avec la Quête du Graal, des méchants nazis et la manifestation divine : l’immortalité est bel et bien conférée dans les limites du Temple.
4e épisode : Indiana part sur les traces des fameux crânes de cristal, parvient chez les Mayas, explore un temple païen pas biblique pour deux sous et révèle finalement une puissance surhumaine… mais, l’honneur de la vraie foi est sauf, cette puissance est extra-terrestre.
Au fil des épisodes, il apparaît donc que seul Dieu est le vrai Dieu, les autres puissances bénéfiques qui apportent la connaissance (mais juste ce qu’il est nécessaire de savoir, pas plus) et punissent les méchants (cette fois-ci de sales communistes incroyants et avides de savoir) se révélant venir d’une autre planète…

Ainsi, la vision déclinée par ces films se révèle assez claire : les billevesées païennes et polythéistes n’ont rien de sacré ni de divin, seule notre religion est la vraie bonne ; la recherche de la connaissance sans le garde-fou de la religion est condamnable (et punie) ; les femmes devraient apprendre à ne pas trop la ramener et laisser les hommes faire… comme si la leçon du jardin d’Eden ne leur avait pas suffi !
Mais peut-être aurez-vous une lecture d’Indiana Jones toute différente de la mienne : je suis curieux de lire vos lignes sur ce sujet de la religion…

24.12.2008

La chronique de PV (VIII) - Pour un Joyeux Noël

pois chiche.jpg Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!

Pour finir en beauté cette année… je passe sur Julien Coupat, maintenu en détention au mépris des règles et du droit (qui parie sur une condamnation de la France au nom des droits de l’Homme par l’Europe ?), je passe sur la girouette qui nous fait office de président, et qui passe d’un discours pro libéral à un discours pro régulation et à a limite de l’écologie radicale avec son grand copain trotskiste Lula (mais là, le communautarisme religieux les rapproche)… je passe sur plein de choses pour m’arrêter sur cette saillie de l’inénarrable Nadine Morano, passionaria UMP : "On n'est pas protégé parce qu'on est issu d'une minorité, parce qu'on est d'origine maghrébine ou africaine. On doit comme les autres, et je dois dire même plus que les autres, à partir du moment où on vous laisse cette opportunité, où on exprime une confiance, eh bien on a des devoirs".

Oui, vous avez bien lu : quand on est arabe ou noir, il faut faire plus que les autres parce qu’on est déjà bien gentil de vous faire confiance et, plus encore, de vous confier un poste avec des responsabilités… pas de grandes responsabilités, mais quand même… un petit peu !
Je dois dire que je finis l’année heureux grâce à cette charmante dame : elle confirme ce que ça draine, que d’être de droite… elle exprime que malgré les masques et les faux-nez, être de droite signifie qu’on ne passe jamais sur l’origine des gens, qu’on ne cherche pas l’égalité ou même l’équité, qu’on ne vise aucunement à l’affranchissement des personnes et des individus… ça dit que l’on cherche simplement à justifier l’inégalité par des discours plein de bons sentiments mais qui ne recouvre qu’une réalité déjà bien connue, celle de l’exclusion, de l’oppression et de l’exploitation… en somme, quand on est , je cite, "d'origine maghrébine ou africaine", on se tient à carreau et on exécute avec obéissance les ordres du chef blanc, car c’est déjà beaucoup de vous avoir donné l’illusion d’appartenir à la même communauté que les autres…

Un commentaire sur tout cela par ici.

Et une analyse moins gentille par là.

Bonnes fêtes à nos amis de droite (il y en a.. ;-)) et très bonnes fêtes aux autres (s’ils ne sont pas au PS).

30.11.2008

La chronique de PV (VII) - Mon beau sapin

pois chiche.jpg Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!

Ce mois-ci, pas de chronique pour PV. Le brave garçon me demande simplement de mettre ce lien pour faire une bonne action. Ce que je ne peux décemment refuser !

Ca s'appelle Mon beau sapin. Allez voir !

13.10.2008

La chronique de PV (VI) - Jean-Marc Rouillan et le problème de la laïcité

pois chiche.jpg Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!

Arrêtons-nous sur une nouvelle qui a pu passer inaperçue : la remise en question de la semi-liberté dont bénéficie Jean-Marc Rouillan, co-fondateur et activiste du groupe militant communiste libertaire Action Directe, dont les membres furent condamnés pour divers homicides, dont ceux de l’ancien patron de Renault, George Besse, et celui du général Audran, pour les deux plus connus.

Quel fut le crime de Jean-Marc Rouillan, pour amener à remettre en cause la semi-liberté dont il jouit, dès lors qu’il justifie d’un emploi (dans une imprimerie de Marseille) et ne risque pas de récidiver ?

Première piste : la fameuse interview accordée à l’Express. Que raconte donc l’ex-militant ? Qu’il ne peut s’exprimer sur les actions menées dans le cadre d’Action Directe et que ce ne serait pas le cas s’il crachait sur ce qui a été fait. Citation de J.-M. Rouillan : "Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus... Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer". Donc, dans un premier temps, il exprime l’interdiction qui lui est faite de parler des actions menées, et dans un second temps explique que "si" il reniait son passé, il pourrait s’exprimer. A-t-il contrevenu à l’injonction ? Non, il ne parle pas des actions passées. Fait-il l’apologie du crime ? Non, il précise même que "le processus de lutte armée tel qu'il est né dans l'après-68, dans ce formidable élan d'émancipation, n'existe plus". Il ne fait que répondre à la question d’un journaliste en mal de sensation et qui se fiche visiblement des conséquences que cela peut avoir pour l’interviewé… passons.

Seconde piste : l’adhésion au parti de notre postier national, dont il a été question sur ce blog il y a peu… c’est la thèse de l’avocat… pour ma part je ne crois pas trop à une manœuvre du pouvoir pour couler Olivier Besancenot via J.-M. Rouillan… au contraire, ça donne une dimension "authentiquement révolutionnaire" à un parti qui annonce ne plus l’être : la confusion ne peut que bénéficier à Olivier Besancenot (suivant la maxime du Cardinal de Retz sur l’ambiguïté en politique).

Ma thèse : on est confronté à un bel exemple de ce que la morale religieuse a pu laisser comme trace dans notre société.
Qu’avons-nous ? Un ancien militant communiste libertaire qui, à un moment de l’histoire de son mouvement, est passé à la lutte armée et a tué plusieurs personnes.
Arrêté et condamné, il a purgé une peine de prison, dure il faut le souligner (on a plus facilement accordé à Papon la remise en liberté pour cause médicale qu’aux membres d’Action Directe qui la réclamaient).
Au bout d’un certain temps, un régime de semi-liberté est accordé… Jean-Marc Rouillan trouve un travail et respecte ses obligations. Un journal souhaite l’interviewer et le questionne sur les homicides : "Regrettez-vous les actes d'Action directe, notamment cet assassinat ?"… la réponse, reproduite plus haut, me parait très équilibrée… sans concession mais sans excès non plus.

Que reproche-t-on donc vraiment à Jean-Marc Rouillan ? Il me semble que c’est de "repentir" qu’il s’agit… l’émoi suscité repose, à mon sens, sur cela qu’il ne fait aucunement preuve de repentir, qu’il ne bat pas sa coulpe en demandant pardon… N’est-on pas là dans une problématique purement religieuse ? Ce qu’on demande à Jean-Marc Rouillan, c’est de rentrer dans le rang des brebis, de mettre fin à son égarement, de suivre la voie tracée par notre Seigneur et par l’Etat – notamment depuis qu’à la tête de celui-ci, nous y avons un Chanoine confirmé qui est allé prendre possession de sa stalle à St-Jean de Latran.
Après tout, condamné et ayant purgé sa peine, ne s’exprimant pas sur les actions menées, je ne saisis pas bien ce que l’on peut légalement reprocher à Jean-Marc Rouillan… en revanche, sur un terrain moral, mêlant repentir, culpabilité et soumission…

Plus généralement, cela pose le problème de la laïcité… Comme le souligne son avocat, "la demande de révocation n’est pas fondée sur le plan juridique"… Le serait-elle donc sur un plan moral ? Et si oui, de quelle morale parle-t-on ?
Olivier Besancenot serait-il le seul à avoir le recul nécessaire, lorsqu’il dit : "Il a purgé sa peine. A un moment, il faut tourner la page".
Cela montre que la laïcité, loin de reposer sur l’athéisme, doit reposer sur la liberté de pensée… cette liberté est clairement ce qu’évoque Jean-Marc Rouillan dans son interview : "Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique". La possibilité d’un tel bilan critique, c’est ce que les philosophes du 18e siècle appelaient la liberté d’examen… qui pose toujours un problème dans la France d’après 1789, d’après 1848, d’après 1871, d’après 1936, d’après 1968… une France dont les réflexes cléricaux et moralisateurs sont toujours aussi prompts.

Un mot pour terminer cette longue chronique… le lecteur aura sans douté noté, voire condamné l’impartialité honteuse dont j’ai fait preuve : "militant", "homicide", "actions menées", "ce qui a été fait"… je n’ai pas écrit "terroriste", ni "meurtre", "assassinat" ou "crime", ni "attentats" ou parlé de ce qui a été "commis"… Tout cela pour réfléchir un peu à la manière dont les journalistes rédigent leurs articles, choisissent leurs termes, usent et abusent des connotations… ma contribution immodeste au débat, en somme !!

04.08.2008

La chronique de PV (V) - Siné VS Val / BHL / Askolovitch

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Je ne pouvais la rater celle-ci… Siné, un des derniers frondeurs français, anar et graphiste de grand talent, se fait virer par un histrion, un de ces intellectuels autoproclamés défenseurs de la liberté et de l’humanisme, sur fonds de Lumière voltairienne afin de donner un peu de contenu à ses maigres propos.
Rappel de ce qui s’est passé : une chronique de Siné sur Jean Sarkozy, une petite pique bien sentie et voici qu’une accusation d’antisémitisme est sortie du chapeau par Claude Askolovitch, suivi par Philippe Val qui, depuis pas mal de temps faisait sentir que Siné était un des meubles hérités de l’ancien Charlie (le vrai) dont il eût aimé se débarrasser. Le pompon fut décroché par BHL avec sa tribune dans le Monde… On le croyait tous en vacances et voilà qu’il joue au Jack in the box dans le grand quotidien national du soir ! La Licra a bien sur condamné les propos de Siné quand d’autres personnalités d’origine juive se sont solidarisées, comme Michel Polac.

Qu’y a-t-il dans le texte de Siné ?
"Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !"

Il faut être sacrément tordu pour voir de l’antisémitisme là-dedans ! Il faut être sacrément incapable de saisir le sens d’un texte, aussi court soit-il, pour ne pas comprendre que "juif" n’est précisé qu’en référence à l’attitude de conversion opportuniste qu’il s’agit de dénoncer (conversion manifestement fictive mais ce n’est pas le problème). Eut-il fallu écrire : il vient de déclarer vouloir se convertir à une religion dont il convient de ne pas dire le nom avant d'épouser sa fiancée, de même confession que celle allusionnée ci-dessus ?

En outre, le Jean Sarkozy en question, dont le comportement est critiqué, n’est précisément pas juif, puisqu’il est question de sa possible conversion…

C’est cela que les Val, BHL, Askolovitch et autres militants de la Licra veulent pour notre bien à tous ? Un monde vide et doté d’une codification parfaite et totale des actes, dits et pensées ? Le règne du "tout correct", non plus seulement le politiquement mais le penser correct, l’agir correct et, ici même, l’humour correct.

Cerise sur le gâteau : une polémique violente opposait Siné à Val à propos de l’affaire Clearstream et de l’action de Denis Robert… Siné défendait le travail d’investigation du journaliste, Val le travail de pression de l’entreprise Clearstream… dont l’avocat est par ailleurs celui de Charlie Hebdo ! On croit rêver ? Et non… l’ignominie va se nicher jusque dans les recoins les plus improbables.
Vive donc Alain Gérard Slama, un intellectuel de droite qui vaut mieux qu’un Philippe Val qui, pour paraphraser et détourner Alain Badiou, n’ose pas dire son nom.

26.07.2008

La chronique de PV (IV) - Le crépuscule des lieux

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Petit retour orienté sur notre histoire, envisagée de manière large, absolument subjective et partiale.
Le petit groupe humain primitif : perdu dans sa caverne, il communique par signes et vagues sons, protolangage archaïque de proximité.
Les premières sociétés : le langage se développe, l’écriture apparaît et, miracle, le sens se transporte d’un lieu à l’autre, moyennant temps et énergie.
Les civilisations : la découverte du monde, les terres se dévoilent au fil des explorations, les missives traversent des territoires de plus en plus étendus, les distances dominées sont de moins en moins le signe de la finitude de l’Homme.
L’époque contemporaine : après le télégraphe, voici que sont propulsés le téléphone, la radiodiffusion, la télédiffusion, et bien sûr l’internet avec son cortège d’illusions ubiquites.
Au cours même de cette dernière époque, les évolutions sont particulièrement marquées car rapides et définitives : des premiers ordinateurs aux PC pour les particuliers, des premiers balbutiements de la communication par mél aux réseaux sociaux, les modalités d’échange et de diffusion ont été totalement bouleversées.
Difficile ici de ne pas songer à la trop (?) fameuse thèse de Deleuze et Guattari : le processus de déterritorialisation en œuvre tout au long de notre histoire. En effet, plus nous avançons et moins semblent compter les distances, les territoires et les cultures. Si l’on prend par exemple l’économie, il est évident que le mot d’ordre actuel (celui de la sacrosainte globalisation) vise à abolir l’obstacle que constitue l’espace et ses contraintes pour se développer dans un monde sans barrière, abstrait et formel, celui du libre échangisme commercial généralisé.
Autre exemple, celui de l’information : l’événement à Tokyo remplace le battement du papillon et se trouve relayé à Los Angeles et crée le désordre à l’autre bout du monde.
Un fait récent qui a le mérite de joindre les deux précédents exemples est l’annonce, il y a quelques années, par la direction de Michelin, de centaines de licenciements : alors que les investisseurs s’inquiétaient de la valeur de leurs actions, la simple évocation des licenciements en France a rassuré les fonds de pension aux USA et a fait remonter la valeur boursière de l’entreprise… entrainant (qui s’en soucie ?) la perte de milliers d’emplois en France.

L’avènement des réseaux sociaux, des blogs, des technologies 2.0, abolit les dernières distances qui nous font exister encore en un monde qui repose sur un sol, sous un ciel et dans une histoire (je prends volontairement la pose d’un heideggérien vaguement pétri par les thèses d’O. Spengler et d’E. Jünger, un joli trio à faire se pâmer les cons – ceux qui ont lu, du moins). A mesure que vont les choses, les lieux semblent ne plus compter. Le fameux "adolescent mondial" pointé du doigt par Naomi Klein dans son précédent ouvrage (No Logo : y en a-t-il encore qui n’ont pas lu cela ?) est à présent dépassé et laisse la place à l’individu absolu, rêvé par les théoricien de l’absolu libéralisme, l’être abstrait, rationnalisé à défaut d’être rationnel et programmé par les lois et règlements que lui concocte une classe politique aux ordres de maîtres-chiens avides de grasses richesses et de lourdes chaines à passer au col de leur "bétail humain".
Le seul obstacle – et notre espoir – est que cet être fantasmé ne correspond – encore – en rien à l’individu qui persiste à cheminer sur Terre… d’où les émeutes de la faim en Afrique, les désordres politiques et insurrectionnels en Amérique latine, la révolte latente des différents quarts-mondes disséminés par chez nous… le pauvre de chair, de sang et de sol a le défaut d’éprouver la faim depuis sa pauvreté même. Et l’on n’a pas faim en Afrique comme à Davos, ni dans les mines d’Atacama comme à Wolfeboro.

On se trouve donc, à ce que je comprends de cette situation, scindé entre deux mondes : l’un, idéal et parfait, l’autre, brouillon et trop humain. L’un où le lieu cesse d’exister, l’autre où le territoire signifie encore quelque chose. L’un où l’individu est programmé pour produire ce qu’on lui demande (voir les dernières trouvailles du gouvernement hollandais, pays charmant où aucun chômeur ne pourrait plus refuser aucune offre d’emploi, quelle qu’elle soit), l’autre ou l’individu, corps et esprit mêlé, se paye encore le luxe de la liberté. L’un, où tous s’équivalent dans le pur calcul du profit, l’autre où celui qui vient d’ici peut encore rencontrer celui qui vient de là-bas et s’éprouver dans la différence qui les caractérisent et la similitude qui les humanise.
La question est de savoir comment vont, à l’avenir, coexister ces deux fragments d’humanité : l’idéale, qui sait évoluer dans l’hyperespace économique et virtuel, l’autre, réactionnaire archaïque et régressive, qui laisse encore résonner sur le sol les quelques pas qui séparent sa voiture de la maison quand il rentre le soir.
Qui donc des frères humains ou du caniche cystique urinant sa logorrhée le long des caniveaux numériques, sortira indemne ?

05.06.2008

La chronique de PV (III) - Histoires vraies ?

755b3980e49a17cf70032dbdccedf4c8.jpg Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!

Une fois n’est pas coutume, c’est la chronique de ce cher Alain-Gérard Slama (qui est en train de devenir mon chroniqueur de droite préféré) datée du mercredi 28 mai sur France Culture, ainsi que les échanges qu’il a eus avec Naomi Klein, qui m’a interpellé.
La chronique du sieur Slama, à 7h55, était comme on pouvait s’y attendre, polémique et militante : le libéralisme est un excellent système, lançait-il, et pointer les excès, les tragédies humaines qu’il fait peser sur la planète est un acte idéologique condamnable qui se range du côté de la théorie du complot. Le tort supposé de Naomi Klein est de montrer que les financiers, les banques, les neocons’ aux USA, font feu de tout bois et n’hésitent pas à profiter de grandes catastrophes (tsunami, cyclones etc…) pour reconstruire un monde à l’image de leur idéal : privatisation des écoles à la Nouvelle Orléans, ultralibéralisation de l’économie en Indonésie etc., sur fond de tabula rasa assumée par eux dans leurs propres discours.

Parallèlement à cela, dans un tout autre domaine, qu’observe-t-on ? En politique comme en management, c’est l’art du Storytelling (brillamment commenté ici par Jojo) qui semble s’imposer. A mon niveau, je le constate chaque jour : que nous demande-t-on, sinon de savoir raconter des histoires vraisemblables, des fables qui laissent croire que tout est pour le mieux ? Peu importe que le contenu soit absent, qu’il n’y ait aucune réalité derrière les belles phrases et les jolies images : ce qui compte est bien l’effet de la fable sur l’auditeur… celui-ci peut être un électeur, un actionnaire, un employé, un téléspectateur ou un simple citoyen…

C’est bien ce que met en évidence le Guide pratique pour réussir sa carrière en entreprise (Avec tout le mépris et la cruauté que cette tâche requiert) d’Antoine Darima : savoir raconter n’importe quoi pour valoriser son "non travail" et sa "non production" dans le but de progresser, de monter les échelons et de devenir cadre toujours plus supérieur pour continuer à brasser de plus en plus de vent et monter encore.
Finalement, ce système est assez semblable aux montgolfières : beaucoup d’air, de la chaleur et hop !

Décliné sur le mode du management, cet art de fabuler autour du vide a un effet étonnant que j’ai pu mesurer dans mon propre contexte d’exercice professionnel : à mesure que le vide prend de la place (ce qui est un phénomène paradoxal mais non moins réel dans les structures, tant privées que publiques pourvu qu’elles soient assez grandes), la fable s’enfle (s’infatue disait-on) et les responsabilités se diffusent, se disséminent même… en d’autres termes, plus le cadre est supérieur, plus le dirigeant a du pouvoir, moins il est responsable et plus il responsabilise les autres à lui subordonnés et leur fait entrer cela dans le crâne à coup d’historiettes amusantes sur le monde du : "notre destin est entre vos mains… moi je ne peux rien pour vous !". En bref, moins il y a de contenu, plus on fabule et moins on assume ses responsabilités, plus on formalise.
Historiquement, la figure d’Amerigo Vespucci est éclairante quant à notre modernité : falsificateur, fabuliste, il a réussi à faire nommer l’Amérique à son nom car ses récits furent plus persuasifs et efficaces que ceux du pauvre Colomb, qui n’a hérité que de la Colombie…

Revenons à notre cher A.-G. Slama : lors de l’échange qu’il a eu avec Naomi Klein, celle-ci est revenue à la charge plusieurs fois, exemples et documents à l’appui, pour montrer les horreurs du libéralisme à travers le monde et, surtout, pour les pays et les populations les plus pauvres. Une incise d’A.-G. Slama m’a saisi : on ne parle pas des même libéraux ni du même libéralisme, disait-il… et j’ai compris ce qui finalement reste plaisant chez Slama en même temps que déroutant chez un esprit aussi éclairé : il se réfère constamment à une fiction ! Lui qui vilipende les marxistes au prétexte que l’application de ce système fut une dictature terrible ne s’applique pas la même exigence tandis que la seule application du libéralisme que nous connaissons contribue à appauvrir les populations exploitées, à détruire les ressources naturelles et la nature, à transformer les individus en consommateurs dociles… bien loin de l’idéal voltairien, pourtant invoqué sans cesse par Slama. Etonnant, non ?

A.-G. Slama contre les "storytellers" ? Le vide contre le plein ? La forme contre le fond ?…
Il est triste que ceux qui souhaitent faire progresser l’Homme se racontent à eux-mêmes des histoires pendant que ceux qui veulent les asservir leur racontent d’autres histoires, qui les enchaînent avec une redoutable efficacité…

Missa dicta est.

23.04.2008

La chronique de PV (II) - Tout feu tout flamme...

93b5de63232326812ae00b65bb17cdfb.jpg Depuis des mois, cet homme de très mauvaise foi baptisé PV hante mon blog en laissant des commentaires de plus ou moins bon aloi. Je lui ai récemment proposé de lui laisser, une fois par mois, les colonnes d'A REBOURS pour exprimer son point de vue. Bien entendu, un point de vue qui n'engage que lui !!!

Les J.O., la Chine, le Tibet, la flamme et les droits de l’Homme ! Mélangez le tout pour composer un cocktail des plus savoureux du moment que Guy DEBORD eût aimé, j’en suis sûr !

Reprenons, sans hasard aucun, quelques éléments intéressants :

1. Les J.O sont (re)créés en 1896.

2. La devise des J.O. (Citius, Altius, Fortius) est empruntée par Pierre de COUBERTIN à son ami Henri DIDON, prêtre dominicain.

3. Le rituel du relais de la flamme olympique est créé sous les bons auspices de Jospeh GOEBBELS à l’occasion des J.O. de 1936 à Berlin, sur une idée de Carl DIEM (officier allemand, qui avait eu l’idée dès avant 1914-18).

4. L’armée de libération chinoise entre au Tibet en 1950.

5. Le CIO décide que la Chine sera organisateur des J.O. 2008 : la procédure de sélection débute en 2002 mais les candidatures sont reçues dès 2000. La Chine est donc candidate et cette candidature est déclarée valide par le CIO.

6. Pierre de COUBERTIN apparaît dans de nombreuses biographies comme ouvertement raciste et misogyne, lecteur des œuvres de GALTON (inégalité des races) ou de GOBINEAU (faut-il rappeler son essai sur l’inégalité des races ?)… Il ne se contente pas de lire mais dit lui-même : "À la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance" et écrit : "Il y a deux races distinctes : celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Hé bien ! C’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts." (Education anglaise).

Je me contente de poser quelques questions :

- quel est le mobile qui pousse à reconduire d’année en année un rituel aussi fortement inspiré de l’esthétique et de la pensée nazies, tel ce relais de la flamme ?

- plus encore, que penser de ces images où des forces policières françaises défendent matraques à la main un tel symbole porté au travers de la capitale française en l’honneur d’un régime totalitaire, inique et criminel ?

- pourquoi l’organisation de ces jeux 2008, confiée à la Chine il y a déjà plusieurs années, n’a-t-elle pas été dénoncée plus tôt ?

- que penser de notre président, lorsqu’il dit le 13 novembre 2007 : "Dans la Démocratie européenne, j’ajoute que tous ceux qui ont fait l’expérience de renoncer à la défense des Droits de l’Homme au bénéfice de contrats, n’ont pas eu les contrats, et ont perdu sur le terrain des valeurs" et qu’il nie cette belle pensée moins d’un an après en laissant traiter de la sorte les manifestants défenseurs du Tibet ?

Précision : les éventuelles condamnations du régime chinois ne doivent pas non plus aveugler les consciences. Le Tibet n’était pas un Paradis sur Terre et les mariages forcés et autres joyeusetés commises contre les femmes restent éminemment condamnables. De même, les actions de Reporters sans Frontières ne doivent pas faire oublier les campagnes menées lors du coup d’Etat au Venezuela en 2002, véritables propagandes pro américaines et anti-CHAVEZ, au mépris même de la réalité des faits à l’époque, notamment à propos de la liberté de la presse.

Sur ce, vos réactions et précisions sont attendues avec impatience.

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