12.04.2007
Considérations inutiles (II) - En finir avec les Présidentielles
En finir avec les Présidentielles. A double titre.
D’abord, effectivement, vivement que cela se termine. Voilà déjà si longtemps que les candidats sont en campagne, voilà déjà si longtemps que nous sommes tous matraqués par leurs discours, les métadiscours, les sondages, les commentaires plus au moins "autorisés" et avisés, que tout cela est devenu proprement insupportable.
Nous touchons ici bien sûr à la limite du retentissement médiatique des phénomènes. Cela concerne la politique : souvenons-nous du référendum européen, pour ne prendre que le dernier exemple en date. Mais cela concerne, plus généralement, tout sujet médiatisé : le procès d’Outreau, la mort de Jean-Paul II, le tsunami du sud-est asiatique ou les inondations de la Nouvelle-Orléans ne sont que quelques exemples paradigmatiques d’une logique qui est toujours la même. L’information, nécessaire au citoyen éclairé, tourne au ressassement et finit par provoquer la colère voire l’indignation. Qui n’a pas, dans un coin de son cerveau, fini par penser : "mais qu’ils crèvent tous dans leur tsunami ces cons !", tant les discours enflaient et mitraillaient tout sur leur passage (mise en abyme : l’événement médiatique comme tsunami).
Bref, vivement que la campagne se termine et qu’on n’en parle plus. Enfin, cela est évidemment faux : non seulement il y aura la prise de fonction, la constitution du gouvernement, le discours de politique générale, le 14 juillet, mais en plus il y aura les législatives. Autant dire que nous n’avons pas fini d’en bouffer, de la politique française.
A un moment donné, cela dit, il faudra bien que la vie, la vraie, reprenne ses droits. La distorsion du réel provoquée par le raz-de-marée médiatique peut en partie se comparer à la gueule de bois. La fameuse image d’Epinal du type qui se réveille après une nuit où il était raide bourré et qui ne se souvient de rien, jusqu’à ce qu’il aperçoive gisant à ses côtés une personne (en général du sexe opposé) avec qui il a, de toute évidence, consommé. Mais le cas des Présidentielles est plus fort encore : il s’agit d’une gueule de bois par anticipation, alors même que l’événement n’a pas encore eu lieu. Nous n’en pouvons plus de quelque chose qui n’est pas encore arrivé, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes. Mais coupons court.
En finir avec les Présidentielles : peut-être et surtout dans l’autre sens, moins immédiat celui-là et plus figuré. A savoir : les psychodrames que suscitent les discussions politiques (entre amis, dans les familles, au bistrot) valent-ils le coup ? Les ardeurs et raisonnement hystériques, les prises de position militantes et enflammées, tout cela a-t-il finalement un intérêt, et même un sens ?
Que l’on me comprenne bien : je ne suis à aucun moment en train de faire l’apologie de l’abstention ou (ce qui finit par revenir au même) du relativisme absolu consistant à dire qu’ils sont tous pareils et que rien ne sert à rien. Mais je pose simplement cette question : y croyons-nous nous-mêmes, à ces lynchages publics, à ces déclarations de foi, à ces grands discours et ces grandes théories si manichéennes ? Y croyons-nous nous-mêmes, à cette image divine du (de la) Président(e) de la République Française ? A cette figure qui viendra tous nous sauver, cette figure rédemptrice, charismatique et absolument novatrice qui va tout changer, tout "révolutionner" (de préférence en douceur) ?
Qui croit vraiment que cette élection est à ce point cruciale, qu’elle va à ce point influer sur tout le reste de nos vies, qu’il y a là de quoi s’obséder, s’exciter, se rendre littéralement malade ? Qui croit vraiment que le (la) futur(e) Président(e) est omnipotent(e), absolument et complètement compétent(e) sur tout, qu’il (elle) a le pouvoir de tout résoudre en un claquement de doigts ?
Alors que nous invoquons sans cesse et artificiellement les "Lumières", sans doute faudrait-il un peu plus faire appel à la raison plutôt qu’au réflexe quasi-religieux. Que les enjeux soient importants, c’est indéniable. Que, dans notre pays, l’élection du Président de la République soit l’acmé de la vie politique, c’est un fait. Mais l’emballement et la frénésie d’avant la campagne ne sont-ils pas inversement proportionnels à ce qui va se passer après, une fois l’échéance passée et consommée ?
Plus grave encore : par la focalisation démesurée sur l’élection présidentielle, ne cautionnons-nous pas ce que par ailleurs nous prétendons sans cesse dénoncer, à savoir le "monarchisme" de la fonction ? Paradoxe quand tu nous tiens : l’avant élection donne à la figure abstraite du Président l’aura d’un Dieu tout-puissant ; l’après élection pousse en général des millions de gens dans la rue dès la moindre réforme esquissée et entretient l’illusion lyrique de la "révolution" et des "lendemains qui chantent".
La France contemporaine est schizophrène en ayant incorporé deux mythes complètement contradictoires : celui de la monarchie d’un côté, celui de la révolution populaire de l’autre. Cela ne gêne personne de manier tantôt l’un, tantôt l’autre de ces mythes, sans aucune conséquence logique. L’on fait tantôt travailler l’hémisphère gauche du cerveau, tantôt le droit, mais jamais nous ne les sollicitions mutuellement.
Peut-être alors faut-il émettre le vœu (pieu) suivant : que le (la) prochain(e) Président(e) se désacralise lui (elle)-même. Que cette personne accède au pouvoir précisément pour réduire son propre rôle et faire preuve (lâchons le mot !) de modestie. Cette posture n’aurait à mon sens rien de suicidaire et, par ailleurs, ne manifesterait aucun aveu d’impuissance. Bien au contraire, cela permettrait peut-être (on peut toujours rêver) de mettre en valeur d’autres niveaux de pouvoir, qu’il s’agisse du Parlement, des échelons décentralisés, mais aussi des niveaux supranationaux dont on fait tantôt comme s’ils n’existaient pas, tantôt comme s’ils étaient responsables de tous nos maux et empêchaient de toute façon toute évolution intérieure, tantôt comme s’ils étaient notre unique espoir de salut.
Bref le (la) prochain(e) Président(e) pourrait innover en faisant appel à la raison des gens (plutôt qu’à leur pseudo "bon sens"), pourrait faire œuvre de pédagogie en cessant (en fonction des moments) de les materner, les exciter, les mener en bateau, leur faire passer des vessies pour des lanternes. Il (elle) pourrait également innover en démystifiant sa fonction et en organisant de nouveaux pouvoirs et contre-pouvoirs.
Ça n’a l’air de rien, mais c’est sans doute la chose la plus difficile. Partant, elle ne sera probablement pas réalisée.
20:15 Publié dans Considérations inutiles | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : Politique, présidentielles, france, 2007, élections, medias, société


































Commentaires
Cher Huysmans,
que je suis d'accord avec toi!
J'en suis personnellement à ce que j'appelle "l'hélicoptère". Le corps allongé, souvent en toute fin de soirée arrosée, je subis cet effet très pénible de tête qui tourne sans s'arreter, généralement les yeux fermés, à la fois cause et conséquence de ce qui va juste suivre: la gerbe....et comme toujours après: les regrets.
Pour ma part, face à cette impasse, sans forces, tentant de dormir, lorsque ce difficile état m'envahit, j'ai une technique. Une sorte d'"ancre imaginaire" polyphorme, sophrologique, un brin magique:
mettre un pied à terre.
Bizarre, mais vraie bouée pour phénomenologiquement rester dans le Réél, pour ne pas sombrer dans un Styx de vomi.
Dans cette campagne, comme à nouveau envahi par cette sensation, j'ai très récemment mis un pied salavateur sur le carrelage bien froid:
je voterai blanc au premier tour.
Je serai alors moins digne qu'a jeun, mais moins piteux que vidé de moi-même. Au second tour je tenterai toutefois de ne pas rester au ras du sol...
pour ce faire, le choix sera plus facile.
Mes respects pour ton blog.
Ecrit par : olivier | 12.04.2007
cher olivier,
comme quoi la liberté humaine ...
tu peux être d'accord avec moi et pourtant ... en arriver à une conclusion différente : en effet je persiste et signe : je ne voterai pas blanc !
en tous cas merci pour ton esthétique maladive, je sens que j'ai affaire à un type qui s'y connaît en histoire de l'art et qui a retenu les leçons de la "charogne" de baudelaire ...
à bientôt
Ecrit par : JB | 13.04.2007
Ta lassitude quant à cette "campagne" (c'est drôle ce vocabulaire guerrier...) cadre bien ici... A rebours, Des Esseintes, lassé de tout, cultivant le malaise et le dégoût... et pourquoi pas la Nausée et le malaise de Roquentin... et puis une apothéose vomitive et saoule un soir d'élection !
Ton épuisement, cher Jojo, me fait penser au rapport complètement déphasé de notre époque à la fiction.
Un texte du groupe Diabologum contenait cette proposition intéressante : "plus la vie ressemble à un roman
plus le roman s'éloigne de la vie"...
Plus notre réalité ressemble à sa propre représentation plus la fiction politique s'éloigne de la vie pour n'être plus que sa propre représentation... un artifice rhétorique à quoi ne manque pas même le substrat objectif : les sondages et leurs cohortes d'analyses - les témoignages...
Je me demande si nous n'atteignons pas une saturation de représentation : il n'y a plus que cela, tout est représenté... et autant Lévi-Strauss pouvait suggérer que tout phénomène social est au moins la représentation de lui-même, autant on peut dire à présent que pas un phénomène social ne subsiste hors de sa représentation... lorsque cela touche la sphère politique (éminemment représentative) elle est re-représentée... on étouffe d'une sorte de cancer généralisé de la représentation :
- représentation politique,
- représentation médiatique,
- représentation des échantillons représentatifs,
- représentation artistique (en ce moment au théâtre : le débat Giscard Mitterrand joué par deux acteurs, dont l'excellent J-F Balmer),
- représentation théorique (surtout sociologique, mais aussi politologique, anthropologique...)...
Dans cet univers, quel place reste donc au réel ? Non pas le réel pur, absolu mais simplement le sentiment que nos échanges toucheraient à autre chose qu'à du déjà représentatif ou représenté...
Ce dégoût, cet épuisement, cette saturation peut être celle d'une perte de rapport au réel, à l'autre dans ce que cette relation peut avoir de plus simple, de plus évident et immédiat. Des Esseintes n'est-il pas lassé de ce que le monde ne peut rien lui apporter de plus que ce qu'il en sait déjà ? J'ai ce sentiment que la réalité politique ne pourra apporter plus que ce qu'ont apporté les discours qui auront précédé... jusqu'à saturation.
La chair est triste hélas et j'ai lu tous les livres : Mallarmé a été très moderne dans ce vers et a jeté un voile sombre et lucide sur l'époque qui s'annonçait. Ici... je dirais : la campagne est triste et j'ai relu tous les sondages...
Mais je n'arrive même pas à être sombre... en fait tout me paraît tellement irréel que je n'y vois pas vraiment autre chose qu'un jeu, une sorte de "représentation" théâtrale. Et encore, je dis cela alors que je ne regarde même pas la télé... via le petit écran, les choses doivent être encore plus exacerbées. Finalement, la dernière fois que j'ai eu l'impression de faire une expérience réelle c'était au cinéma devant Inland Empire de David Lynch... étonnant, non ?
Ecrit par : PV | 13.04.2007
c tjs la droite en france?
Ecrit par : dolice | 14.04.2007
Cher Johann,
pour éviter toute confusion, je tiens à préciser que lorsque je dis que je vais voter blanc, ce n'est évidemment pas d'abstention dont je parle, mais de GERARD BLANC, le chanteur illustre de "une autre histoire", cela va de soi et je sais que tu n'avais pas fait de confusion.
Je sais c'est lourd, mais moins qu'une palourde me souffle Casserole.
Encore mes respects, j'ai hâte de vous voir.
Ecrit par : olivier | 14.04.2007
bonjour à tous,
contrairement à PV, je vois dans la campagne presidentielle un enjeu, non pas un jeu ; une réalité, non pas sa representation.
un enjeu ? celui de savoir ce que l'on peut faire de nos vies sans avoir à prier dieu ; michel totem, gourou de l'ordre du temple martien ; arnold schpountz, president-secretaire-fondateur du parti unique du bonheur obligatoire (souriez vous etes filmé-menacé-surveillé).
et on peut faire de nos vies quelque chose de pas trop moche à partir d'un cadre de libertés pas trop etriqué.
une réalité ? celle d'un pays ou il fait (plutot) bon vivre et ou le personnel politique vaut ce qu'il vaut, mais comme dirais l'autre, si on en veut plus, on peut toujours essayer de le remplacer.
ma grosse interrogation ne concerne pas les discours politiques ou les médias, à vrai dire, mais la population française : a-t-on ce que l'on merite ?
j'ai pris la decision, un jour, de ne plus regarder ppda, claire chazal, karl zéro et elise lucet, leurs bobines me matraquaient, leurs discours me soulait, leurs images me submergeait.
pour m'occuper les jours de RTT, je lis, je flane sur internet, j'ecrit des messages (tres rarement à vrai dire) sur des blogs qui me semblent interessant (sisi).
d'ailleurs, pour parler d'autres choses, je suis effaré de voir le nombre de commentaires posté sur internet debordant de haines ou totalement depourvu d'interet ("kessta kontre les - bip -, va aprendre a lire é informe toi tu sera - con !!!")
ca me semble etre en parfaite adéquation avec le pathos du tsunami-show.
bref, il me semble que l'on a ce que l'on merite.
merci de votre attention,
bonne fin de journée !
ps à PV : et pardon si je suis passer à cotés de ce que vous vouliez dire..
Ecrit par : eddy | 18.04.2007
Bonjour Eddy,
vous n'êtes pas passé à côté mais nous n'interprétons pas les choses de la même manière... ce qui est plus enrichissant que si tout le monde était tout le temps d'accord avec tout le monde...
Là où je dis qu'il y a surtout un "jeu" c'est que les candidats calibrent un discours quasi similaire, sans surprise mais dont les différences sont plus des variations que des oppositions radicales (relisons les débats sous la 3e République... il y avait là de vrais enjeux, de vrais choix et des discours vraiment engagés, des choix de vie et de société).
Mon équation est celle-ci : dès lors que l'immense majorité de ne s'informe que par le canal de médias sans profondeur et qui neutralisent tout débat de fond, dès que qu'une partie non négligeable, majoritaire même, des électeurs n'accorde pas une importance très élevée aux élections mais se passionne plus pour les "mises en scène" proposées par les télé, les journaux, les radios... comment ne pas envisager cela comme un jeu sans enjeu ?
Alors bien sûr, il s'agit d'une réalité, qui a un sens, je ne le nie pas du tout : simplement, cette réalité est une "mise en scène", une "représentation" où les dimensions esthétique et phatique prennent de plus en plus le pas sur toute autre considération politique, théorique... bref, la forme et la démagogie prennent le pas sur le fond et le contenu. D'où le "jeu" !
A bientôt,
PV
Ecrit par : PV | 18.04.2007
la question que je me pose est celle-ci : sous la troisieme republique, l'audience des politiques etait elle la meme qu'aujourd'hui ?
à qualité de discours superieur, l'auditoire n'etait il pas nettement en dessous de ce qu'il est aujourd'hui, en qualité et en quantité ?
remontons jusqu'en 1848, apres les discours de ledru-rollin et lamartine... pour une victoire de napoleon III qui mettra fin à la republique 3 ans plus tard.
en fait, je me mefie des comparaisons historiques : autres temps, autres moeurs.
ce que nous vivons n'a pas d'equivalent, les gens n'allait pas à l'ecole, s'arretaient en CM2 (jusqu'à la seconde guerre mondiale !)
les debats à l'assemblé ne les concernaient pas vraiment.
on ne leur parlaient pas de seisme meurtriers en turquie ou en californie !
pour tout vous dire, les commentaires "s'etait mieux avant" me mettent mal à l'aise.
et je ne dis pas ca pour vous, c'est quelque chose que je lis souvent.
et qui me derange toujours.
mais je vous rejoints sur le "jeu", à cette nuance pres que cela va s'ameliorer avec le temps, au fur et à mesure que les gens gagneront en esprit d'analyse.
Ecrit par : eddy | 18.04.2007
Nous verrons du pessimiste ou de l'optimiste qui sera confirmé... je ne dis pas que c'était mieux avant - et je ne considère pas que les gens sont plus concernés par ce qui se passe qu'avant : seule différence - l'illusion entretenue par le tube cathodique (ou l'écran plasma, au choix)
On peut ironiser sur la victoire de Napoléon III mais la Commune serait-elle possible aujourd'hui ? Et les luttes entre factions boulangistes et progressistes ? Les gens étaient moins éduqués mais en prise tout de même avec la politique... le monde ouvrier était en phase de politisation croissante : on en est loin à présent !
J'espère que vous avez raison et que les gens "gagneront en esprit d'analyse"... je n'y crois pas mais je le souhaite ;-)
Ecrit par : PV | 18.04.2007
la grande difference entre "avant" et "maintenant" est justement la diffusion de l'information : en 1848, la majorité des gens (des paysans) ne connaissait ni ledru-rollin ni lamartine, ils (les hommes bien sur) ont donc majoritairement voté pour le seul qu'ils connaissaient : le petit-fils de napoleon. (il n'y avait aucune ironie dans ce propos)
en ce sens, ca n'a pas beaucoup evolué, on vote pour celui que l'on connait.
mais c'est la nature humaine qui veut ca, j'imagine.
et plus il y a d'information, plus on connait les gens !
quant à l'information proprement dite, elle est disponible aujourd'hui, il faut encore pouvoir la trouver.
j'estime que malgres les médias poubelles, l'elevation de l'education couplé à la diffusion de l'information, permettra de plus en plus une meilleure information, d'ou mon optimisme à long terme.
sinon, il est heureux que la commune ne soit plus possible aujourd'hui, non ?
Ecrit par : eddy | 18.04.2007
hello mr eddy, bienvenue sur A REBOURS. j'espère que vous continuerez à me rendre quelques visites et laisser des commentaires.
par ailleurs, et grâce à vous, j'ai vécu un grand moment d'émotion : pour une fois je n'étais pas aux prises avec PV mais j'avais le bonheur d'assister à une joute oratoire en simple spectateur ! je ne peux que vous en remercier (même si je n'ai pas vraiment compris sur quoi vous vous opposiez au fond :-)
les toutes dernières phrases de votre commentaire tombent très bien : je vais en quelque sorte traiter de ce sujet dans ma prochaine note. à bientôt donc.
Ecrit par : JB | 19.04.2007
bonjour jb
à vrai dire, nous ne nous opposions pas ! enfin, je crois..
j'ai simplement la facheuse tendance à toujours vouloir avoir le dernier mot..
c'est ce qui explique que je m'interdit la plupart du temps de poster des commentaires sur les blogs car ca devient vite fatiguant pour moi (et pour les autres) :)
sinon, concernant le "jeu" médiatique des candidats , je vous propose l'analyse de marcel gauchet :
http://www.lexpress.fr/info/france/elysee_2007/elys07_entretiens/dossier.asp?ida=457079&p=2
ca rejoint ce que disait PV : c'est donc lui qui avait raison !(meme si je n'avais pas tord ;)
à bientot
ps:et pardon pour mes innombrables fautes d'orthographes...
Ecrit par : eddy | 20.04.2007
Non pas de désaccord : le constat est le même, les sentiments différents...
Merci pour le renvoi à l'article très intéressant de M. Gauchet : sa vision de la crise généralisée des médiations est très pertinente et explique en partie pourquoi nous avons l'impression d'un jeu sans enjeu !
Mais surtout, tout le monde se fout des élections... et fait semblant en ce moment de se passionner pour les débats. Les faits : une enquête (pas un sondage mais une vraie enquête dont il a été rendu compte sur France Culture la semaine passée) montre que la majorité des électeurs :
- ne se souvient pas des scrutins (à la question "quelle est votre dernier vote" les gens répondent en majorité "la présidentielle de 2002 et passent donc le référendum sur la constitution européenne, qui avait pourtant été très médiatisé),
- ne se souvient pas de ses propres votes (l'enquête montre un très grand décalage entre ce que les gens répondent sur leurs votes antérieurs et la réalité des faits),
- ne revendique aucune continuité ni cohérence d'un vote à l'autre (cela serait la tendance de la minorité la plus éduquée et la plus informée politiquement).
Comme le dit Gauchet, ce qui est au coeur de tout débat actuellement est le marketing et mon désaccord avec Gauchet serait que pour moi, on n'en a pas encore atteint le point limite... je crois que l'on peut aller plus loin et vider les élections de toute substance ! Je ne sais pas ce qui pourrait succéder à ce système mais, à mon avis, l'assise démocratique me paraît de plus en plus chimérique et surtout invoquée pour justifier ce qui se passe plutôt que de créer du sens (mais je rejoins là Mishima, cher à Johann).
Ainsi, posons-nous la question de savoir pourquoi ce blog, manifestement sarkozyste, ne reprend pas cette info de premier plan : Cécilia (pas une goutte de sang français dans les veines) est partie du domicile avec un écrivain et aurait porté plainte ou se serait plainte de violences conjugales... pourquoi, Johann, cacher cette info essentielle ?? Tu te trouves mieux que Daniel Schneidermann peut-être ?
Abrazos a todos amigos !
Ecrit par : PV | 20.04.2007
PV, eddy, vraiment bravo !
voilà donc c'était bien ça : vous nous avez pondu plusieurs grosses tartines en nous expliquant que 1/ "contrairement à PV, je vois dans la campagne presidentielle un enjeu, non pas un jeu ; une réalité, non pas sa representation."
puis que 2/ "nous n'interprétons pas les choses de la même manière... ce qui est plus enrichissant que si tout le monde était tout le temps d'accord avec tout le monde..."
puis que 3/ "je vous rejoints (sic) sur le "jeu", à cette nuance pres que cela va s'ameliorer avec le temps, au fur et à mesure que les gens gagneront en esprit d'analyse."
et que 4/ "Nous verrons du pessimiste ou de l'optimiste qui sera confirmé..."
et enfin suite à mon intervention où je fais remarquer en passant que votre débat n'a que l'apparence de la contradiction, vous concluez effectivement que 5/ "à vrai dire, nous ne nous opposions pas ! enfin, je crois.."
et que 6/ "Non pas de désaccord : le constat est le même, les sentiments différents..."
merci marcel gauchet !
bref : on dirait les vrais ! en l'occurrence je parle des politiques que vous dénoncez, qui font semblant de s'achopper sur des mots ou détails et qui, au bout du compte, sont d'accord sur tout.
amusant non ?
@ PV : autant je pouvais voir quelque raison d'être traité de "bayrouïste", autant ton dernier compliment sur le fait que ce blog serait "sarkozyste" est simplement grotesque. tu te discrédites toi-même en usant d'aussi bas stratagèmes.
@ eddy : vous le voyez, nous sommes désormais trois à avoir le même défaut : vouloir toujours avoir raison ;-)
Ecrit par : JB | 20.04.2007
pardon, mais nulle part je ne denonce les politiques !!
extrait :
"le personnel politique vaut ce qu'il vaut, mais comme dirais l'autre, si on en veut plus, on peut toujours essayer de le remplacer.
ma grosse interrogation ne concerne pas les discours politiques ou les médias, à vrai dire, mais la population française : a-t-on ce que l'on merite ?"
na, c'est moi qu'a raison....
et puis PV, je ne me fous pas des elections, je le redis mais ca me semble important.
non vraiment, j'ai foi en l'avenir, je pense que nous traversons un trou d'air idéologique, que l'offre politique à besoin d'evoluer, de s'adapter en france.
mais je pense que tous va s'arranger, que nous pourrons vivre dans un monde remplis de soleil, de chaleur et de canicule !
sauf si vous votez pour dominique voynet, ce que je me prepare à faire ! elle seul parle de l'ENJEU qui nous interesse, nous le place au centre de son programme.
ah, y a des jours ou je suis vraiment heureux, je sais pas pourquoi.
peace, rastafarî and ganja spliff ;)
Ecrit par : eddy | 20.04.2007
Bravo à nous, Eddy : nous avons sorti Johann de sa torpeur ! L'avons même amusé ! L'ai même irrité en rappelant ses engagements sarkozystes (ce qu'il déteste par-dessus tout...).
Pour répondre :
- nous sommes d'accord avec Eddy sur les points centraux et divergeons sur d'autres... on ne va pas faire exprès de se contredire pour rien !
- le stratagème anti-sarko : ce n'est pas moi qui use de stratagème, c'est toi ! Tu masques ton sarkozysme rampant sous de ridicules oripeaux mais je t'ai repéré démasqué et percé...!
- nous ne cherchons pas tous les trois à avoir raison : vous essayez et moi, j'ai raison...
- Eddy, je sais que tu ne te fois pas des élections : mais tu n'es pas majoritaire... la preuve, tu polémique sur ce blog carrément élitaire !
- pour les spliff si tu veux on peut s'organiser un partage idéologique d'expérience... ;-y
- VOTEZ SCHIVARDI !!!
hasta luego !
Ecrit par : PV | 20.04.2007
un discour politique q'en a de la gueule :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/voynet/video/x1axqn_politicshow-3-dominique-voynet-17
tres interessant sur les dessous de la politique quant elle nous parle de son experience ministerielle.
par contre, j'ai vu le politicshow de bayrou... et me suis endormi avant la fin...
et concernant le peu que j'ai vu, bayrou nous dit - ni plus ni moins - qu'il fut le meilleur de tous et qu'une chinoise est d'accord avec lui !! (il a osé, le bougre :)
concernant shivardi, le portrait du monde.fr m'a bien fait rire !
les portraits croisée de royal et sarkosy aussi...
sinon, si j'ai foi en l'avenir, c'est pas uniquement pour des raisons fumeuses, mais .... allez, je vous le dis mais shut, le repetez pas (ma copine me tuerais sinon) : je vais etre papa !!!!
c'est y pas le moment de l'etre, heureux ?
bon week-end à tous.
Ecrit par : eddy | 20.04.2007
si si juste avant la suite, les nuits courtes, les cris, les dents, les maladies diverses et que l'on ne soupçonnait pas d'exister, les choix d'orientation et d'écoles, les fréquentations douteuses, les fringues de marque, l'hygiène parfois douteuse, la musique forte dans sa chambre souvent très éloignée de l'idée que l'on a soit même du bon goût
donc dépeche toi d'être heureux eddy...;)
Ecrit par : dragibus | 20.04.2007
boudiou, toutes ces tergiversations pour en arriver à ça : à eux deux, PV et eddy vont faire 2% des voix ... finalement vous êtes faits pour vous entendre !
inutile de dire que le maître de ces lieux ne cautionne ni l'une, ni l'autre de ces consignes de vote.
heureusement qu'eddy ouvre sur l'avenir en parlant d'autre chose que de politique : stendhal avait bien raison, la politique c'est comme un coup de pistolet dans un concert.
Ecrit par : JB | 20.04.2007
SCHIVARDI PRESIDENT !!
Et alors, on fera peut-être même moins de 2% à nous deux mais nous aurons été au bout de nos rêves... à la pointe des dernières terres face à l'Océan tumultueux de nos vies en devenir... Ouh ! Je deviens lyrique : finalement c'est dommage que Villepin ne soit pas candidat ;-))
Ecrit par : PV | 21.04.2007
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