18.03.2007
Cornelius "Sensuous"
Note : 8/10
Meilleurs titres : Wataridori/Gum/Omstart
Keigo Oyamada, alias Cornelius, est japonais.
Son pseudo s’inspire de la Planète des Singes (on s’en souvient tous, non ?!). Quant à sa carrière, elle est déjà longue même s'il est chez nous quasiment inconnu, sauf sans doute d’une frange mainstream de la population, ou encore des amoureux de la culture nippone (sous réserve qu’ils aient la curiosité de descendre jusque dans ses aspects les plus pop).
Cela va peut-être changer puisque Warner a la bonne idée d’éditer en Occident son dernier album, Sensuous, paru en 2006 au Japon.
A quoi ressemble la musique de Cornelius ? C’est malheureusement à ce point que ma chronique devient une sorte de gageure, car il est assez difficile de décrire son univers ! Si l’on s’y risquait, on pourrait éventuellement comparer ça à un ordinateur qui aurait ingurgité toute la musique contemporaine (funk, dance, electro, techno, rock, pop…) et, au travers d’un logiciel Pro Tools intelligent, en aurait recraché quelque chose d’apparence un peu "tour de Babel" mais au final plutôt cohérent et même très malin.
Ici, en fait, se cristallisera l’ambiguïté de Cornelius : pour certains, il sera probablement une espèce de point ultime de la décadence musicale, de gigantesque récupérateur de tendances, tâchant d’incorporer tout et n’importe quoi ensemble, au mépris de toute homogénéité et de toute originalité. Pour d’autres à l’inverse, il apparaîtra comme un touche-à-tout génial (selon la formule éculée), une sorte de visionnaire postmoderne parvenant à synthétiser dans un ensemble inédit des formes a priori opposées. C'est un peu ce que dit le livret de l'album, qui n'hésite pas à parler de "musique du 21e siècle" (ce qui est sans doute un peu exagéré...).
Il paraît probable, en tous cas, qu’au bout du compte l’on aimera ou détestera Cornelius a peu près pour les mêmes raisons.
Personnellement, je trouve Sensuous très réussi. Les passages qui me paraissent les plus beaux sont ceux où Cornelius explore, avec sa guitare acoustique, une veine un peu mélancolique (comme par exemple sur "Sensuous" et surtout "Omstart") ou dissonante ("Wataridori"). Mais ses délires plus pêchus me plaisent aussi, notamment "Gum" qui est un titre qui ravira les amoureux de rock pur et dur.
Je suis un peu moins enthousiaste face à des titres basés sur la répétition, le collage et le croisement electro-funk (comme "Breezin’", dont je trouve qu’il n’a pas beaucoup d’intérêt), et c’est un peu la faiblesse de l’album.
Je pense que Sensuous est à écouter comme une "bande-son ramassée de la vie" : on passe par à peu près toutes les émotions, tous les styles et toutes les couleurs, mais après une première écoute qui peut désorienter voire agacer, on apprivoise chaque morceau, chaque ambiance, on se rend compte à quel point tout cela n’est pas aussi anarchique qu’il n’y paraît, on s’attache à telle ou telle partie de guitare, de voix ou de beat, on admire la production très léchée du tout… et on finit par avoir envie de réécouter chaque titre, en se disant que cet album va peut-être nous accompagner un long moment, voire ne plus nous lâcher du tout !
Pour achever de se laisser séduire, je renvoie à deux clips vachement chouettes de Cornelius qui circulent sur YouTube, celui de Fit Song et celui de Gum. Quand le fond et la forme se rencontrent…
19:20 Publié dans Musik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, musiques, culture, rock




































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