29.12.2006
And the winners are ... A REBOURS' 2006 top five
Allez, ne sacrifions pas à la mode des classements. Voici mon top five 2006 dans les 3 catégories "Films", "Musik" et "Livres".
Je le dis tout de suite à ceux qui vont me reprocher d’avoir oublié ci ou ça : je ne suis pas journaliste, mon métier n’est pas de tout voir, de tout lire, de tout écouter. Pour ce faire, il faudrait que je soie payé pour ça (et que je reçoive les œuvres gratis), ce qui n’est pas le cas.
Il s’agit donc d’un top five par rapport à des films, livres et disques que j’ai chroniqués sur A Rebours et qui sont sortis exclusivement en 2006. Ca me permet, parallèlement, de faire une sorte de "bilan d’activité" de mon blog pour l’année écoulée, que j’ai créé fin mars 2006.
Films
1. Terrence Malick : Le Nouveau Monde (voir ma chronique du 12.12.06)
Le mythe de la fondation et des origines revisité par Malick, s’appuyant sur la colonisation du Nouveau Monde et la légende de Pocahontas. De grands moments lyriques et méditatifs, servis par une mise en scène impeccable. Le terme de chef d’œuvre n’est sans doute pas usurpé.
2. Clint Eastwood : Mémoire de nos pères (voir ma chronique du 18.11.06)
Une fresque subtile sur la guerre, la puissance des Etats-Unis, la manipulation médiatique, mais aussi sur la mémoire individuelle et collective ; au final un film puissant et intelligent, dont on attend avec impatience le second volet : la même histoire vue sous le prisme de "l’ennemi" japonais.
3. Michael Mann : Miami Vice (voir ma chronique du 23.08.06)
Loin du blockbuster attendu, loin des paillettes, un polar métaphysique et bleuté magistralement réalisé par Michael Mann, dans lequel Crockett et Tubbs semblent errer tels des spectres et font tout sauf cabotiner.
4. Alfonso Cuaron : Children of Men (voir ma chronique du 25.10.06)
Une vision catastrophiste mais extrêmement intéressante du devenir humain, où les femmes ne peuvent plus enfanter et les ressources naturelles ont été quasi épuisées. La réalisation (notamment les scènes de combat et de guerre, caméra à l’épaule) offre au spectateur une impression confondante de réalisme, et un nouveau bon rôle à Clive Owen.
5. Stephen Frears : The Queen (voir ma chronique du 13.11.06)
Une chronique de l’Angleterre, de la monarchie, de l’arrivée de Blair au pouvoir, à un moment si dérisoire et si important à la fois : la mort de Diana. Cet événement est prétexte à une réflexion d’une grande profondeur sur la permanence ou pas des "valeurs" et des "traditions", sur la people-isation, sur le triomphe de la société du spectacle.
Musik
1. Mogwai : Mr Beast et Zidane OST (voir mes chroniques du 21.03.06 et du 9.12.06)
Double sortie musicale en 2006 pour le groupe de Glasgow, qui mérite vraiment de figurer en tête de ce classement. Du rock très largement instrumental et qui sort des sentiers battus, alternant avec brio psychédélisme, mélancolie et grosses saturations. On est très loin des productions formatées ; d’ailleurs, sans surprise, les Mogwai sont inexistants à la télé et à la radio françaises.
2. Muse : Black Holes & Revelations (voir ma chronique du 8.07.06)
Ils connaissent un assez gros succès depuis déjà deux albums, ce qui ne les empêche pas de faire de la très bonne musique. Avec ce dernier disque, Muse s’impose encore un peu plus comme un groupe plein d’énergie et d’inventivité, proposant des méga tubes intergalactiques ("Starlight") mais n’ayant pas peur non plus de flirter avec un lyrisme presque outrancier et qui, pourtant, ne sombre jamais dans le ridicule.
3. Yo La Tengo : I am not afraid of you and I will beat your ass (voir ma chronique du 5.11.06) et Sonic Youth : Rather Ripped (voir ma chronique du 11.06.06)
Dans la catégorie "vétérans", accueillons ex æquo deux groupes qui ont plus d’un point commun : ils sont vieux donc, ils sont américains, et dans le petit monde du rock indie ils sont depuis longtemps devenus "cultes" (comme on dit quand on est branché et qu’on n’a pas d’imagination). Avec tout ça ils pourraient se reposer sur leurs lauriers et proposer des disques pépères, sans fantaisie, à la U2 par exemple. Que nenni, ils se bonifient et continuent de défricher, prouvant que parfois, c’est dans les vieux pots qu’on continue à faire les meilleures soupes.
4. Bonnie ‘Prince’ Billy : The Letting Go (voir ma chronique du 27.12.06)
Une country folk très particulière, qui avait déjà fait des merveilles sur I See A Darkness notamment. On retrouve ici les fondamentaux de Will Oldham mais avec une maîtrise, une sérénité, une élégance encore jamais égalées, rehaussées par des arrangements orchestraux et des deuxièmes voix féminines de toute beauté.
5. Joanna Newsom : Ys (voir ma chronique du 28.12.06)
Un disque osé, alambiqué, baroque, qui ne se livre pas aussi facilement que le dernier opus du dernier groupe pseudo dandy et révolutionnaire du moment. Vous n’êtes pas particulièrement fan de harpe ? Ni de longs morceaux de dix minutes ? Ni de cordes ? Ni de paroles plus complexes que "I love you/ why are you so cruel" ? Il vaudra peut-être mieux passer votre chemin… Quant aux autres, tentez l’aventure !
Livres
1. Jonathan Littell : Les Bienveillantes (voir ma chronique du 1.11.06)
Le livre que la France attendait depuis longtemps (même si son auteur est pour l’instant citoyen américain). Une fresque colossale et inépuisable sur la Seconde guerre mondiale et notamment l’holocauste, racontée à travers le point de vue d’un bourreau nazi raffiné et cultivé. De la très grande littérature, au service d’une très haute ambition.
2. Kazuo Ishiguro : Auprès de moi toujours (voir ma chronique du 22.03.06)
Depuis presque 25 ans, l’œuvre de Kazuo Ishiguro est l’une des plus exigeante et travaillée qui soit. Auprès de moi toujours (dont le titre original est beaucoup plus fort : Never Let Me Go) est sans doute, avec L’Inconsolé, le roman le moins "réaliste" de l’écrivain, en tous cas sa première incursion dans le monde de l’anticipation (même si ses thèmes favoris : la mémoire, l’identité, la mauvaise conscience sont ici présents).
3. Tom Wolfe : Moi, Charlotte Simmons (voir ma chronique du 18.05.06)
Satire du monde estudiantin américain, sorte d’Illusions perdues côté "jeune fille du début du 21e siècle", le roman de Tom Wolfe est avant tout extrêmement drôle, avec des personnages hauts en couleur (de Charlotte la godiche déniaisée à Jojo le basketteur crétin qui cherche à philosopher) et des situations plus que cocasses (le dépucelage, les cours de philo, le match de basket…).
4. Arthur Schopenhauer : Parerga et Paralipomena (voir ma chronique du 18.04.06)
Voilà déjà bien longtemps que Schopenhauer n’est plus de ce monde, et pourtant il aura fallu attendre 2006 pour que ses Parerga et Paralipomena soient intégralement traduites en français. Toute sa pensée y est contenue, et ce traité est un peu la face "ludique" de son grand œuvre Le Monde comme volonté et comme représentation.
5. Clément Rosset : Fantasmagories (voir ma chronique du 8.04.06)
Voilà bien des années que Rosset traque le réel et son (ses) double(s). Ecrit dans une langue immédiatement accessible, empruntant autant à la philosophie qu’à la littérature, au théâtre, à la photographie et au cinéma, chaque ouvrage de ce penseur original et stimulant permet de voir un problème a priori simple autrement et, finalement, de se sentir plus intelligent.
12:35 Publié dans About a blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Musique, rock, Littérature, écriture, Cinéma, Culture




































Commentaires
Sur le cinéma, tout à fait d'accord pour Malick et Clint, mais j'aurais peut-être choisi Million Dollar Baby et en toute fin d'année, une mention spéciale à Casino Royale...
Litell, je suis d'accord également, d'ailleurs il est français...Tom Wolfe, roman fleuve sur les jeunes américains, dont je regrette la conclusion: non tous les jeunes américains ne sont pas abrutis par le sexe et la drogue ou l'alcool... J'aurais ajouté Bret Easton Ellis, avec le magistral Lunar Park, Ellis toujours à la pointe de la modernité... Et je vous invite à venir voir mon best of polars 2006... En attendant celui sur le ciné et les romans. DA
Écrit par : dominique artus | 04.01.2007
Bonjour,
Merci beaucoup pour votre commentaire !
Un petit bémol : j'avais bien précisé au début de cette note que je parlais uniquement d'oeuvres sorties en france en 2006. Or "Million Dollar Baby" et "Lunar Park" n'en font pas partie, puisqu'elles sont sorties respectivement en 2004 et 2005. Je ne pouvais donc les intégrer dans mon top 2006 !
En revanche j'avais chroniqué "Lunar Park", qui est effectivement magistral, dans une note du 04.04.06, je vous y renvoie si vous le voulez bien.
Concernant votre top 10 polars, ma préférence ira au "Bibliothécaire", étant donnée ma profession :-)
à très bientôt, JB
Écrit par : JB | 04.01.2007
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