23/08/2006

Miami Vice

medium_miami_vice.jpg Note : 8/10

Certaines personnes gardent peut-être un mauvais souvenir de la série télé ("culte" comme on dit) Miami Vice. Sans doute à cause d’une esthétique eighties trop marquée (coiffures, costumes, bande-son) ?
Certaines personnes seront, en outre, dubitatives à l’idée qu’une énième adaptation de série soit portée au cinéma. Après des merdes comme Shérif fais-moi peur, Starsky & Hutch et j’en passe, c’est vrai qu’il y a de quoi frémir.

Pourtant Miami Vice est un film réussi. Il faut dire qu’il est réalisé par Michael Mann, l’auteur, entre autres, de Heat et Collateral. Pour l’anecdote c’était déjà Mann qui, dans les années 80, avait produit la série.
Pour autant, dans ce film, il s’en démarque nettement. Aucun folklore, aucune nostalgie de l’original ni, surtout, de l’époque (l’action du film se déroule de nos jours, donc adieu Duran Duran et tout le reste).

A la limite, d’aucuns reprocheront le côté trop froid de l’ensemble.
Il est vrai que Miami Vice n’est pas un film très gai. Sonny Crockett et Ricardo Tubbs sont, comme dans la série, deux flics infiltrés ; comme dans la série ils ont une vie privée pourrie étant donné que leur boulot leur bouffe tout leur temps. Mais l’ambiance est moins "glam" : bien sûr il leur arrive toujours de porter des costards et de conduire une Ferrari ou un off-shore, ceci dit ce ne sont plus vraiment des play-boys. Par ailleurs, pas de réelle complicité entre eux. On dirait qu’ils n’y croient plus et se sont recentrés sur l’essentiel. Comme si les eighties faisaient encore vaguement illusion mais que désormais, après l’an 2000, le nihilisme l’avait définitivement emporté.

Mann a pris les aspects les plus sombres de la série et s’est concentré là-dessus. Il filme un Miami en décomposition, flou, dans les bleus – un bleu qui évoque davantage celui de l’au-delà que la mer et les filles. Point éminemment positif : pour accompagner l’image, la bande son est souvent d’excellente facture, j’en veux pour preuve la musique de Mogwaï utilisée à deux reprises.
A la limite, l’intrigue proprement dite (relativement conventionnelle) est plus un prétexte pour développer les thèmes qui sont chers au cinéaste : l’esthétique donc, mais aussi la personnalité des protagonistes.
Comme dans Heat il y a les bons et les méchants mais avec des frontières poreuses. On se souvient du respect qui reliait Pacino (le bon) et De Niro (le truand) même si, au final, chacun gardait sa place et allait jusqu’au bout. Ici, Crockett et l’une des trafiquantes du réseau qu’il a infiltré vont tomber amoureux. Chacun a son rôle à jouer, le déterminisme fonctionne, ceci dit l’on trouve à l’intérieur de ce déterminisme des plages de liberté et d’apesanteur.

Miami Vice laisse une impression assez étrange de dépaysement. Non parce qu’il jette un regard de carte postale sur la Floride, c’est tout le contraire : pas vraiment de palmiers ni de cocktails, juste un monde très largement corrompu avec quelques "chevaliers" névrosés qui tentent de sauver les meubles, comme s’ils avaient conscience de leur mission et qu’en même temps elle les dépassait.

21:43 Publié dans Films | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Cinéma

Commentaires

hello,
je me demandais ce que j'allais voir de mon ticket-ciné à prix réduit,
je n'étais pas emballée par ce film mais grâce à ta critique ça m'a donné envie
merci

bises

Écrit par : séverine | 25/08/2006

Suis allée voir le film, encouragée par tes commentaires et par une bonne critique.
J'en suis sortie sceptique: de bonnes choses (la réalisation, le jeu de Jamie Foxx et G Li) et de mauvaises (le jeu - c'est déjà un grand mot - de Colin Farrell et le scénar un peu poussif voire illogique). Bref, j'ai trouvé ça plutôt bien pour un film tiré de série, mais j'ai été un peu déçue par M Mann qui m'avait habituée à mieux avec Heat notamment.

Écrit par : steph | 28/08/2006

Il y a aura toujours des comparaisons à faire avec la série...

Écrit par : voyage | 16/09/2011

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