08.07.2006

Muse "Black Holes & Revelations"

medium_muse_blackholes.jpg Note : 8,5/10
Meilleurs titres : Take a Bow/Hoodoo/Knights of Cydonia

Les Muse sont de retour avec un quatrième album … difficile à qualifier. En fait, son écoute me rappelle les sentiments que j’avais éprouvés à l’égard de Origin of Symmetry. Les points communs sont nombreux : des compos assez longues et sophistiquées, qui font appel à des sons de synthétiseurs venus de l’espace ou à des pianos influencés par Rachmaninov, non exemptes parfois d’une certaine lourdeur voire d’un certain kitsch.

Ceci dit, Black Holes & Revelations creuse encore plus profond ce sillon. Car sur leur second album, des titres comme "New Born" (excepté l’intro) ou "Plug In Baby" misaient tout sur les bonnes grosses guitares. Ici, ces dernières sont en retrait au profit des synthés, et, lorsqu’elles sont présentes, elles sont triturées à l’extrême ou alors classiques.

Bref, il semble que Absolution, le troisième album, ait marqué une sorte de pause dans le défrichement musical de Muse. Il offrait à l’auditeur des compos plus équilibrées et structurées, plus courtes aussi (voire plus commerciales), en tous cas moins risquées que celles de Origin of Symmetry. Fort de ce succès, Black Holes & Revelations se permet pas mal d’audaces nouvelles et renoue donc avec une facette plus expérimentale.

Ce quatrième album, c’est un peu l’auberge espagnole. Au sens propre d’abord puisque (comme sur Origin of Symmetry mais avec encore moins de retenue) de nombreuses compos "sonnent" hispaniques. Matthew Bellamy, l’âme de Muse, n’a jamais caché sa passion pour le flamenco et les rythmes latinos, il l’exprime ici à plusieurs reprises (on entend même des trompettes sur "City of Delusion" !).
Mais c’est aussi l’auberge espagnole au sens figuré, on pourrait également appeler ça le syndrome de "Babel" tant les influences diverses et variées sont perceptibles au détour de tel ou tel morceau. Prenons par exemple leur premier single, "Supermassive Black Hole" dont la voix aiguë et sexy évoque immanquablement Prince et son légendaire "Kiss". Ou bien encore l’intro de "Map of the Problematique" qui rappelle la période Enjoy the Silence de Depeche Mode. Ou enfin "Knights of Cydonia" qui ferait bien penser à un western de Sergio Leone mais revu et corrigé par un Enio Morricone postmoderne.

Ceci dit, l’influence majeure de Bellamy semble être la SF. On le sent et on l’entend, il a un goût certain pour les mondes et les dimensions parallèles, le grandiloquent, bref ce serait une sorte de croisement entre le rock de l’an 2000, les Daft Punk et Queen pour l’ambiance space opera symphonique. On sent que son cerveau est trop petit pour contenir tout ce qui lui passe par la tête et qu’il brûle d’exprimer.
Et ça donne quand même de grands moments dans lesquels, certes, il faut entrer mais qui ont le mérite de nous faire voyager et de nous faire entendre autre chose que de la pop-rock formatée.
Et puis les ingrédients de Muse restent présents : les montées orgasmiques notamment, qu’ils sont l’un des rares groupes à nous offrir de façon aussi motivante.

Il est probable que ces compos très spéciales prennent encore une autre dimension en live, et pour ma part je serais assez impatient de les voir s’escrimer à reproduire tout ça sur scène.
Tels des chevaliers armés de leurs instruments, les trois histrions de Muse continuent de proposer à l’auditeur leur vision musicale ; malgré les questions que l’on peut parfois se poser, il est difficile de ne pas respecter cette fougue et cette énergie assez uniques, cette confiance et cette sorte d’indifférence aux tendances du moment.

19:25 Publié dans Musik | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique

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